Sur les Pas des Huguenots depuis les Cévennes : descriptif complet

l’itinéraire de Mialet à Die

 

 

Sur les Pas des Huguenots depuis les Cévennes,
descriptif complet de la randonnée


picto randonneur sur le chemin camisard
 : descriptif du parcours principal    picto randonneur sur le chemin camisard variante : descriptif d’un parcours optionnel
a voir en cévennes : lieux à voir en particulier          h histoire : description de faits historiques

 

1ère partie : Musée du Désert – Les Aigladines

Sur les Pas des Huguenots carte 1 Musée du désert Mialet - Les Aigladinespicto randonneur sur le chemin camisard 5,7 Km – GR67 – 2 heures (+ visite du musée) – alt. départ : 194m, alt. arrivée : 389m, alt. mini : 158m, alt. maxi : 389m, ascen. cum. : 349m descente. cum : 158m
Musée du Désert (tél. : +33 4 66 85 02 72, coord. GPS : 44°05’45.1’’ N – 3°57’27.4’’ E)
Gite d’étape du Mas Audibert / Les Aigladines (tél. : +33 4 66 85 02 10, coord. GPS 44°07’51.6’’N – 3°55’20.5’’ E)

Depuis le Musée du Désert au Mas Soubeyran suivre le GR67 jusqu’aux Aigladines. Après une montée en direction des Grottes de Trabuc, le sentier redescend vers le Gardon et le longe jusqu’à Mialet. Le GR traverse le village. Remarquer à la sortie le Pont des Camisards. Marcher sur la route sur 300m environ, puis le GR67 monte en pente douce jusqu’aux Aigladines (2Km)

a voir en cévennes le Musée du Désert. Au cœur d’un hameau cévenol et de ses ruelles typiques, dans la maison natale du chef camisard Rolland, par des pièces et des documents authentiques, le MUSÉE DU DÉSERT fait revivre le passé huguenot et l’Histoire des Camisards. En particulier, après une salle consacrée à la Réforme : La période du « Désert » (1685-1787) de la révocation de l’Edit de Nantes à l’Edit de Tolérance. La guerre des camisards, la répression et la résistance, la vie quotidienne dans la clandestinité, la longue marche vers la liberté de conscience jusqu’à la révolution.

a voir en cévennes près du Musée du Désert : les Grottes de Trabuc, à proximité La Bambouseraie.

a voir en cévennes à Mialet : Le Pont des Camisard

h histoire près du Musée du Désert : Nombreuses assemblées en 1701, prophétisme en 1702, Pierre Laporte et Mas Soubeyran, Pierre Laporte, dit Rolland, est né le 03/01/1680 à Mialet, fils de Madeleine Gras et Jean Laporte, cardeur. Ancien soldat de la guerre de succession d’Espagne, il se met à la disposition des protestants. D’après Abraham Mazel, il avait reçu « le don de prédication et de prophétie. »
Le 10/12/1702, action de Laporte et Cavalier, destruction de l’église et incendie.
Le 21/01/1703, Laporte interdit aux habitants de Mialet de payer la dîme, réclame la liberté de conscience, sous peine de mettre le feu et faire couler le sang.
Le maréchal de Montrevel considérait que Mialet était le centre de l’insurrection camisarde (avec les nombreuses grottes), et voulait faire mourir 2 nouveaux convertis pour 1 catholique tué. Décision de déplacer la population en 1703. Julien vient faire les arrestations le 27 mars 1703 : 210 hommes, 280 femmes et 180 enfants qu’il fit conduire à Anduze.

Grottes : Grotte de Peyras (entre le Mas Soubeyran et Luziers : assemblée du 26/12/1688. Assemblée de La Beaumelle. Grotte du Fort ou des camisards, de 150 m de long, murée sur ordre de Bâville. Grotte de Trabuc, qui sert de refuge, de même que les grottes de Paussan, refuge, entrepôt, hôpital. Selon A. Court il y aurait eu là 10 bœufs salés, du vin, de la farine. Ces grottes furent réutilisées lors du coup d’Etat de 02/12/1851.

h histoire près des Aigladines : Le premier synode réformé eut lieu à Paris le 24 mai 1559, avec élaboration de la confession de foi et la discipline et fut suivi d’un synode régional à la Baume (grotte) des Aigladines en 1560.

 

2ème partie : Les Aigladines – St Jean du Gard

Sur les Pas des Huguenots carte 2 Les Aigladines - St Jean du Gardpicto randonneur sur le chemin camisard 7.6 Km – GR 70 –  2 heures – alt. départ : 389m, alt. arrivée : 194m, alt. mini : 180m, alt. maxi : 389m,  ascen. cum. : 196m descente. cum : 375m
Gîte du Pré de Modestine à St Jean du Gard (tél. : +33 4 66 85 11 36) GPS 44°06’43.1″N 003°52’18.8″E

Depuis Les Aigladines suivre le GR 70 jusqu’à St Jean du Gard. Arrivée par le collège du village, la route, les feux tricolores, Toujours sur les GR 61-GR 70 tout droit en ville jusqu’à la gare. Face à la gare, prendre à droite, longer le stade jusqu’au Pont Vieux. Passer en dessous, au bord du Gardon de St Jean du Gard, pour rejoindre le Gîte du Pré de Modestine.
Plus d’informations :

a voir en cévennes à Saint-Jean du Gard : le Musée des Vallées Cévenoles à Maison Rouge (ouverture 2016), le train à vapeur des Cévennes qui permet d’aller à la Bambouseraie et Anduze.

h histoire Jeanne Castanet prophétesse de St Jean du Gard raconte les extases de Cabrit.
Abraham Mazel, tout à la fois l’un des premiers et le dernier camisard, est né à Falguières le 05/09/1577, fils de David Mazel et Jeanne Daudé, originaire du Villaret (Grizac). Il aura une première inspiration dans une assemblée près de St Jean. Sa maison natal est devenue « Maison Mazel, Maison vivante des résistances », portée par l’Association Abraham Mazel.

h histoire près de St Jean du Gard : Jeanne Castanet prophétesse de St Jean du Gard raconte les extases de Cabrit.
Abraham Mazel, tout à la fois l’un des premiers et le dernier camisard, est né à Falguières le 05/09/1677, fils de David Mazel et Jeanne Daudé, originaire du Villaret (Grizac). Il aura une première inspiration dans une assemblée près de St Jean. Sa maison natal est devenue « Maison Mazel, Maison vivante des résistances », portée par l’Association Abraham Mazel.
Le capitaine Poul avait basé son cantonnement à Saint-Jean du Gard. Selon Abraham Mazel, ce fut après la mort de Poul que l’on donna aux rebelles le nom de camisards. « Je ne sais, dit-il, si c’est parce que nous donnions souvent la camisade (attaque de nuit) qu’on nous donne cette épithète, ou parce que nous nous battions en chemise ou camisole. On nous appelait fanatiques à cause de nos inspirations. »
Les camisards ont été appelés : révoltés, scélérats, rebelles, fanatiques, mutins, attroupés, brigands, mécontents, mal contents, barbets (vaudois), houzards, osards… Le consul de Génolhac, Lafon, les nomme « chemisards. »
C’est dans la lettre du brigadier-général Julien, écrite à St Jean du Gard le 05/04/1703, qu’aparait officiellement pour la première fois le mot Camisard.

Grottes : Autour de St. Jean se trouvent des grottes qui font partie de l’histoire: la grotte Soubeyran (au-dessus de Banière), dans laquelle se cachèrent Jean Soubeyran, dit La Perruque et son épouse ; Jean Soubeyran qui était l’oncle maternel et père spirituel du prédicant Jean Mazel, mourra aux galères en 1696, et la grotte Rouville entre Saint-Jean et Corbès, dans laquelle se serait tenue une assemblée de 900 personnes et qui aurait servi de cache, au-delà de l’accès aquatique. Bâville la fera murer. Vivent renoncera à s’y cacher.

 

3ème partie : Saint-Jean du Gard – Saint-Etienne Vallée Française

Sur les Pas des Huguenots carte 3 St Jean du Gard St Etienne Vallée Françaisepicto randonneur sur le chemin camisard 10.5km (+3Km jusqu’aux gîtes)– GR 70 – 4h00 – alt. départ : 194m, alt. St Etienne VF : 250m, alt. mini : 194m, alt. maxi : 603m, ascen. cum. : 613m descente. cum : 556m
Hébergements : 3Km après St Etienne Vallée Française : le gîte Le Mas de Stevenson (tél. : +33 4 66 47 06 12) ou le gîte du Pont de Burgen (tél. : + 33 4 66 45 75 30)

Départ du Gîte Pré de Modestine par GR 70, sentier de Stevenson : passer par l’Affenadou, le col St Pierre, le signal St Pierre (aller – retour à la table d’orientation).
D9 à gauche puis GR 70 à droite. Il débouche au pont du Martinet (baignade, restaurant). Prendre la D 984 sur le pont puis le GR 70 à gauche. Traverser Saint-Etienne Vallée Française. A la sortie du village, suivre à droite la petite route qui monte vers les Solièges, la Combe d’Avelac pour emprunter le sentier de pays le Galinou qui surplombe la vallée du Gardon par sa rive gauche. Le quitter à Saltebouc puis traverser le Gardon à gué au Cambonnet et rejoindre les Passadoires et le gîte du Pont de Burgen. Poursuivre pour accéder au gîte Mas de Stevenson à Lebou.

picto randonneur sur le chemin camisard variante : Départ du Gîte Pré de Modestine. Du village de St Jean du Gard, monter vers le nord rejoindre par un sentier de pays Arbousse puis le sentier du Pic d’Arbousse. Rester en crêtes puis descendre vers le Ressès-Haut. Détour possible vers le signal St Pierre (aller – retour). Rejoindre par la piste cyclable le Théronnel (bassin et abri forestier).
Continuer à descendre jusqu’au pont du Martinet (baignade restaurant). D 984 sur le pont, GR 70 à gauche. Traverser le village de St Etienne VF.  A la sortie de St Etienne Vallée Française suivre à droite la petite route qui monte vers les Solièges, la Combe d’Avelac pour emprunter le sentier de pays le Galinou qui surplombe la vallée du Gardon par sa rive gaucheLe quitter à Saltebouc puis traverser le Gardon à gué au Cambonnet et rejoindre les Passadoires et le gîte du Pont de Burgen. Poursuivre pour accéder au gîte Mas de Stevenson à Lebou.

h histoire Les idées de la Réforme ont tôt pénétré cette commune, puisqu’en 1530 Hector-Raymond de Cadoine, seigneur de Saint-Etienne Vallée Française est banni par le parlement de Toulouse, ainsi que son épouse et ses biens confisqués, du fait qu’il adhère aux idées de la Réforme.
Louis Deshours, seigneur de Mandajors, subdélégué de Bâville, séjournait à Saint-Etienne. En 1686 François Vivent organise une assemblée au Mas Degoutal, qui réunit une grande foule. En 1701 seuls 120 Nouveaux Convertis (protestants redevenus catholiques) communient sur un effectif de 1.400, ce qui montre la limite de ces conversions forcées.
Les 2 et 3 janvier 1703, les camisards échouent dans leur tentative de s’emparer de la commune défendue par ses habitants et une compagnie de soldats. Le 8 février, les rebelles s’emparent de chevaux chargés de châtaignes qui allaient à Anduze et menacent tous ceux qui voudraient ainsi commercer. Le 11 février, Montrevel envoie 3 compagnies à Saint-Etienne. En mars 1703  assassinat par les camisards du jeune Cabiron, au prétexte que son père avait déclaré à la terrasse du château que leurs actions n’étaient pas celles des « enfants de Dieu » qu’ils prétendaient être, puis assassinat du jeune Daudé qui conduisait des bœufs à Sommières.
4 soldats maraudeurs qui s’étaient faits passés pour camisards pour tromper leur victime seront exécutés sur ordre de leur hiérarchie.
En août 1703, Julien reçoit la soumission de la commune qu’il taxe de 20.000 livres.

Le curé Mingaud, curé de Saint-Etienne de 1693 à 1747, ami de l’abbé du Chaila sut conserver de bonnes relations avec les protestants et ne fut jamais véritablement inquiété par eux. Il s’est notamment illustré en donnant des conseils aux protestants dont les maisons devaient être détruites, par ordre royal, leur suggérant de les démonter proprement eux-mêmes afin de pouvoir les reconstruire plus aisément une fois la paix revenue. C’est vraisemblablement grâce à lui également que furent épargnés certains grands mas de la commune lors du grand brûlement de 1703. A noter également qu’à Saint-Etienne, tout comme  à Saint-Martin de Lansuscle, Cassagnas, Vebron ou encore à Saint-Martin de Boubaux, des prêtres ont été sauvés par des protestants. En octobre 1704, rencontre à Marouls pour préparer la reddition des camisards.
Abraham Mazel se fera prendre près de Saint-Etienne le 06/01/1705 et Joani, qui avait trahi, dira combien l’arrestation de Mazel était importante.

Grottes : A Saint-Etienne Vallée Française : grotte du Rocher des  chambres (Ronc de la Cambras), au-dessus de Solièges. On sait qu’en 1692 le comte de Broglie fit murer les grottes, cavernes et autres « beaumes » qui pouvaient servir de caches.

 

4ème partie : Saint-Etienne Vallée Française – Plan de Fontmort (via Le Cauvel)

Sur les Pas des Huguenots carte 4 St Etienne Vallée Française - Plan de Fontmortpicto randonneur sur le chemin camisard 19.8km jusqu’au Plan de Fontmort – GR 70 -6h30 – alt. départ : 250m, alt. arrivée : 897m, alt. mini : 247m, alt. maxi : 1063m, ascen. cum. : 1425m, descente. cum : 731m
Hébergement : 5Km avant le Plan de Fontmort : Gîte et chambres d’Hôtes Le Cauvel (tél. : +33 4 66 45 92 75, coord. GPS 44°.14’15.3’’ N – 3°44’28.4’’ E)

De l’hébergement choisi, rejoindre le GR 70 et le poursuivre vers le nord en direction de St Germain de Calberte. Traverser la D 13 (qui relie St Germain de Calberte à St Martin de Lansuscle). Passer le hameau des Moles et tourner à gauche en direction du Rouvier, abandonnant alors le GR 70.
Contourner le Rouvier par la droite et continuer à monter pour rejoindre le GR 70 avant le village de vacances « Le Serre de la Cam » (à suivre à gauche en montant).
Contourner par la gauche (l’ouest) le village de vacances vers le réservoir, et le sentier des rocs de Galta. Le sentier passe par une sépulture à coffre, une pierre à cupules et des passages rocheux, avec une belle vue dégagée sur la vallée de St Martin de Lansuscle. Le GR 70 emprunte l’ancienne voie romaine. Au col de la Pierre plantée, poursuivre en direction du Plan de Fontmort.
A voir : vestiges de la villa gallo-romaine de St Clément et menhir et dolmen de Claroudens. 615 mètres après le chemin qui descend à la villa gallo-romaine, prendre le chemin forestier à gauche et le suivre (balises orange) jusqu’au Gîte du Cauvel .

picto randonneur sur le chemin camisard variante 1 : Un chemin de crêtes plus long relie St Etienne Vallée Française au Plan de Fontmort. Il passe par « La Picharlerie », « Escouto-se-pleou », « Castelviel », sur l’itinéraire du sentier des 7 menhirs de la Vieille. Un sentier de pays mène au Gîte du Cauvel, en traversant le Gardon de St Martin vers ses sources, ou bien aller jusqu’à Fontmort et redescendre sur le Cauvel, soit par la D.13, soit par la piste forestière. On peut également passer par le village de St Martin (restaurant, chambre d’hôtes) et remonter vers Le Cauvel et Fontmort par la vielle route de Nogaret.

picto randonneur sur le chemin camisard variante 2 par St Germain de Calberte : Un détour est possible par St Germain de Calberte (Église du XIIème siècle, commerces…), sans quitter le GR 70.A la sortie du village, prendre à gauche. Le GR 70, à gauche après la salle communale, mène au village de vacances « Le Serre de la Cam ». Le traverser par la gauche (l’ouest) et rejoindre le réservoir, puis le sentier des rocs de Galta. Le sentier passe par une sépulture à coffre, une pierre à cupules et des passages rocheux, avec une belle vue dégagée sur la vallée de St Martin de Lansuscle. Le GR 70 préfère une large piste forestière ombragée, ancienne voie royale. Au col de la Pierre plantée, poursuivre en direction du Plan de Fontmort.

a voir en cévennes vestiges de la villa gallo-romaine de St Clément et menhir et dolmen de Claroudens. Un sentier descend vers la gauche rejoindre le Gîte du Cauvel.

h histoire Saint-Germain de Calberte était à majorité protestante dès le XVI° siècle. Du fait des dragonnades, la population de Saint-Germain de Calberte se convertit officiellement au catholicisme le 15/10/1685, mais quelques mois plus tard on y entendait de nouveaux les psaumes. En 1686 assemblées du Galta et du Clauzel, avec Vivent qui donne la Cène à Galta, au Gardon sous le Gibertin.
François de Giberne (du Gibertin) fut un des piliers de la lutte contre les camisards qui finirent par mettre feu aux châteaux du Gibertin et du Crémat en 1704.
Jean d’André fut arrêté le 01/07/1686 au Castandel, blessé, il meurt 2 jours après. Sa maison du Pont de Montvert et ses biens avaient été saisis depuis qu’il professait la religion réformée. Il vivait alors se cachant dans les bois.
Le séminaire fondé par Du Chaila en 1687 eut jusqu’à 90 pensionnaires. Il sera fermé en 1698.
Du Chaila avait été nommé inspecteur des chemins des Cévennes en 1693 par Bâville. A ce titre il était responsable d’une centaine de chemins de traverse, de 12 pieds de large. Il était très zélé dans l’exercice de ses missions, à un point tel que l’intendant Bâville s’en inquiétait, le trouvant « trop ardent ».
Du Chaila fit épouser sa nièce par Pierre André du Cros de Montmars en 1692 et lui lègue la maison… dont il avait dépouillé sa famille. Selon Marcel Pin, Du Chaila aurait eu la passion du jeu, la peur des femmes et une certaine fascination pour la torture. Selon A. Court : « Il n’est pas de moyens, quelques violents qu’ils paraissent, que cet abbé n’employa pas pour parvenir au but qu’on s’était proposé en le nommant chef des missions ; les prisonniers qui tombaient entre ses mains subissaient des traitements qui paraitraient incroyables, s’ils n’étaient attestés par tous les habitants de ces pays-là. »
Du Chaila sera inhumé le 16 juillet 1702, dans le caveau qu’il avait fait aménager en 1698 dans l’église de Saint-Germain de Calberte. Juste après la cérémonie les prêtres qui y participèrent s’enfuirent rapidement par peur des représailles de la part des attroupés. La mention du décès de l’abbé Du Chaila avait été omise dans le registre paroissial et fera l’objet d’une régularisation par l’abbé Vernet, curé de Saint-Germain entre 1716 et 1720.
Il y avait à St Germain une importante garnison, malgré cela la commune fut attaquée par les camisards le 31 décembre 1702.
Jacques Couderc du Mazel Rosade, dit La Fleur ou Fleurette, était connu pour sa cruauté. Selon Abraham Mazel la troupe de Jacques Couderc « fit plus de mal aux ennemis qu’aucune des autres à proportion. »
En 1727 se tint à Saint-Germain de Calberte le colloque de tous les anciens des églises protestantes de Lozère.

Grotte : grotte dite l’Oustaou des camisards, d’un accès périlleux, sur la montagne de Pradel, de dimension de 8 m x 4 m alors qu’on prétend que 250 à 300 personnes s’y réunissaient.

Pierre Calvet, seigneur de Fontanilles fut condamné pour hérésie et exécuté à Mende en 1557. De son château, situé en contre-bas du Cauvel, restent la chapelle et une partie de la tour qui servait de tour à signaux. On retrouve, face à la vallée le sol d’habitations jouxtant la chapelle.
Après la bataille de Témelac du 22.10.1702, Bâville fait arrêter entre autres quelques habitants de Saint-Martin de Lansuscle. Des interrogatoires il tire la conviction que les habitants des Hautes Cévennes soutiennent les Camisards et il menace alors toute personne ou commune qui leur viendrait en aide.
En 1702, les camisards mirent le feu à l’église et au presbytère de St Martin de Lansuscle, ainsi qu’à la maison du premier consul, Jacques Ausset, à La Rouvière et à la maison Bastide au hameau du Plan.

Le Plan de Fontmort a été le lieu de 3 batailles : le 28 juillet 1702, avec l’arrestation d’Esprit Séguier,  puis en aout 1703 et enfin celle du 13 mai 1704. Cette dernière fut importante avec la victoire de Rolland, appuyé par les troupes de Castanet et Joani qui y attaquèrent un convoi d’argent, transportant 25.000 écus, des réserves de poudre et de plomb, portés par 25 mulets et escortés par 770 soldats commandés par le lieutenant-colonel de Coberville et le subdélégué Viala de Saint-Jean du Gard. Selon Elie Marion les troupes royales perdirent là 300 hommes et leurs officiers furent massacrés. Selon plusieurs sources, le nombre des victimes de ce combat extrêmement violent aurait plutôt été de l’ordre d’une centaine d’hommes, ce qui reste considérable.
Le 15 août 1887, dans un climat électoral assez tendu, puisqu’il aura fallu obtenir l’autorisation du Ministre de l’Intérieur, l’obélisque de Fontmort a été mis place par les protestants républicains, en présence de 28 pasteurs et une foule de 5.000 personnes, pour commémorer le centième anniversaire de l’Edit de Tolérance.
L’Edit de Tolérance a été une étape importante de ce long combat pour la liberté de conscience. Comme l’écrivait Jean-Pierre Chabrol : « La victoire des rebelles cévenols, la vraie, c’est la Révolution. La fameuse déclaration des droits de l’homme, qui reconnait enfin  la liberté de conscience, descend d’eux comme tant de rivières des sources de leurs sommets. » Ce combat reste encore et toujours à mener.

En mai 1703, 2 compagnies de fusiliers étaient présentes à Saint-Martin de Lansuscle et Saint-Etienne Vallée Française. Le recensement d’août 1703, ordonné par Bâville fait état, à Saint-Martin de Lansuscle,  de 42 hameaux, 497 habitants, 85 garçons et 86 filles.
Le 10/09/1703, les habitants de Saint-Martin de Lansuscle ont ordre de se regrouper à Barre des Cévennes, dans le cadre du dépeuplement, du grand brûlement  et de la destruction des 31 paroisses qui commencera le 18/09. Ce déplacement de population concernera au total pour les Cévennes, 13.212 habitants, 2.863 garçons et 2.440 filles.
Concernant le dépeuplement et  le grand-brûlement des Cévennes, le Ministre Chamillart écrit le 10 septembre 1703 : « Le Roy consent au dépeuplement des trente et unes paroisses. Que l’on mette les vieillards et les femmes dans les casernes de Béziers et de Mèze. Que les garçons en état de porter les armes soient envoyés dans les casernes de Montpellier, de Lunel et de Nîmes, dans les citadelles et forts, aussi bien que les mariés valides. A l’égard des filles et des femmes mariées, il faudra les enfermer dans les manufactures de la Grange-des-Près, de Lodève et de Carcassonne et dans la Cité de cette dernière ville, et pour ce qui est des enfants, l’intention de sa Majesté est qu’on les envoya dans les hôpitaux de Montpellier, de Toulouse et de Lyon. Si les femmes malades ou enceintes peuvent aller à l’hôpital de Montpellier, le Roy trouvera bon que vous les y envoyez, sinon à Mende où vous croyez qu’elles seront fort bien. Sa majesté ne croit pas qu’il convienne de brûler ni de démolir entièrement les maisons de ces gens-là, mais seulement qu’on en démolisse les toits, que l’on fasse tomber les planchers laissant les murailles en état et les matériaux sur le lieu parce qu’ils pourront être repris quelques jours, quand les mouvements des Cévennes seront passés, par ceux qui habiteraient ces lieux-là. Ainsi les fanatiques ne seront point en état de les venir occuper. Le Roi vous recommande de profiter de la belle saison pour exécuter ces enlèvements. »
On sait que du fait des conditions météorologiques, les opérations furent plus longues et plus difficiles que prévues.

Dans son mémoire sur l’état des Cévennes en 1705, Du Villars relate que « les personnes aisées sont avides de paix mais constate que la jeunesse reste avide de liberté et qu’il est donc nécessaire de continuer à intimider la population, notamment par des meurtres commis en secret, le renforcement des contrôles, l’interdiction de sortir la nuit sans laissez-passer. » Il promet des sommes d’argent aux délateurs, considérant que le peuple cévenol était le plus sensible du monde à l’appât du gain. Il propose d’envoyer des indicateurs et de faire enlever toutes les personnes suspectes des paroisses « les plus gâtées »  et de citer : Bassurels, Molezon, Sainte-Croix et Saint-Martin de Lansuscle.

a voir en cévennes le Château Saint-Pierre.
Fontmort et Saint-Martin de Lansuscle (8 km de St Germain de Calberte)
Le Cauvel et alentours : Château de Cauvel, des XIII° et XVIII° siècles,  Tour de Fontanille (XII° siècle), Menhir et dolmen de Claroudens, cupules, menhir de Fontmort, cupules du Ron de la Tourte (au-dessus du Tour, rocher à cupules entre St Clément et Nogardel (8 rondes et 8 ovales),  menhir, cupules et bassins de St Clément, cupules du mont Mars.

 

5ème partie : Plan de Fontmort – Barre des Cévennes

Sur les Pas des Huguenots carte 5 Plan de Fontmort - Barre des Cévennespicto randonneur sur le chemin camisard 7 km – GR 7 / GR67 – 2h15 – alt. départ : 897m, alt. arrivée : 969m, alt. mini : 895m, alt. maxi : 998m, ascen. cum. : 223m, descente. cum : 159m
A Barre des Cévennes : Camping Gite de Barre des Cévennes (tél. : +33 4 66 45 02 28)
ou à 3 Km : Gites des Combes (tél. : +33 4 66 4 572 24)

Rejoindre le Plan de de Fontmort depuis le Gîte du Cauvel en suivant le passage indiqué le long du ruisseau, à partir du pont. Au premier croisement, prendre le chemin à gauche et suivre jusqu’à Montbioudou. Prendre le premier chemin à  droite pour rejoindre le GR 7 au niveau de Réservoir de Fontmort, (alimenté par la source la plus haute des Gardons) et  suivre le GR sur  la gauche jusqu’au Plan de Fontmort, en laissant le GR 70 (Stevenson) sur la droite (à 1800 mètres du départ).
A proximité du Plan de Fontmort : table de lecture du paysage de la vallée de Saint-Martin de Lansuscle. A Fontmort (alt. 896m) : Obélisque dédié à l’Edit de Tolérance et vue sur la vallée de Saint-Martin de Lansuscle.
Au Plan de Fontmort, remonter sur quelques mètres sur la D13 en direction de Barre des Cévennes et prendre  le GR 67 sur la gauche, au-dessus de la route. A 1,5 km de Fontmort, le GR traverse la D13 et continue en direction de Barre des Cévennes. Il permet d’avoir alternativement une vue sur la vallée de Trabassac, l’Aigoual et le Lozère. Le point culminant de cet itinéraire est à Serre Long (alt. 1006m). Sur la Can de Barre : Menhir de Serre-Long, 2 menhirs de l’Abriguet.
A l’arrivée à Barre des Cévennes, remarquer les maisons, places, fontaines, venelles, ainsi que la Barre rocheuse. Le Gîte de Barre des Cévennes se trouve à l’entrée du village. Pour le Gîte des Combes : traverser le village, prendre à droite direction St Julien d’Arpaon, et 100 m après le petit pont, prendre la piste à gauche, et arrivé à la route, prendre à droite sur 200 m.

picto randonneur sur le chemin camisard variante : Pour allonger et varier l’étape, vous pouvez quitter le Cauvel par le bas, traverser les sources du Gardon de St Martin et remonter vers le hameau du Tour en empruntant à contre-sens le « sentier du Plan de Fontmort ». Remontez jusqu’aux crêtes, à suivre à droite (vers le nord). Au point 938, quitter le GR 67 / 70 pour rejoindre le Vergougnous en traversant le ruisseau de Malzac à gué, remonter sur la D 62, la suivre à gauche sur 500 m ; après le pont de fer, prendre à droite le sentier qui mène à l’ancien Moulin de Géminard (hors balisage).

a voir en cévennes Le sentier d’interprétation mis en place avec le Parc national des Cévennes permet de découvrir la barre rocheuse surplombant le village ainsi que les rues, ruelles, places et fontaines. L’exposition sur l’agro-pastoralisme, liée à l’inscription des Causses et des Cévennes au patrimoine mondial de l’Unesco.

h histoire Barre était la capitale administrative des hautes Cévennes et ville de garnison de 1684 à 1761, située sur la ligne de partage des eaux, « entre Causses et Cévennes ».
Elie Marion, 1678 -1714, camisard et prophète. Lorsqu’Elie devint prophète en 1703, sa famille partit au désert où sa mère mourra en 1704. Elie Marion se réfugiera à Genève, en 1704, puis Lausanne. Il écrira en 1708 sa « Relation de la guerre des camisards.»

Il y avait 13 foires annuelles à Barre des Cévennes. Ces foires avaient un rôle économique important et étaient occasion de grands rassemblements, puisqu’on dit qu’elles rassemblaient jusqu’à 10 à 12.000 personnes.
Le 22 juillet 1702, lors de la  grande foire de la Madeleine, la population est en recherche de renseignements concernant les 7 jeunes gens de la vallée qui ont été arrêtés avec le guide Massip lors de leur tentative de rejoindre Genève, pays du Refuge. Malgré plusieurs interventions et des propositions financières, l’abbé Du Chaila refuse de les libérer. C’est à partir de ce refus que va s’organiser la Révolte : « Il y en a assez, il faut faire quelque chose ! » Esprit Séguier, Salomon Couderc, Abraham Mazel et Jean Rampon seront les premiers à se réunir (dans la maison Atgier, hameau du Bosc)) et à tenter de mobiliser en vue d’une action.
Le 28 juillet 1702 les attroupés tentent de prendre des armes au château de la Devèze dont les habitants se défendent. Jacques Couderc est tué. Les assaillants massacrent la famille. Le camisard Pierre Nouvel qui avait participé à l’expédition sera exécuté le 12 août suivant.

En mars 1703 Julien poursuit Castanet aux environs de Barre et du Pompidou. Il ordonne le stockage des vivres des alentours à Barre, les familles ne pouvant conserver de provisions que pour 15 jours, sous peine d’être considérées comme suspectes, malintentionnées ou collaboratrices des rebelles.
Le capitaine Doyer commandait la troupe de Barre que Julien voulait porter à 300 hommes.
Le 28 mai 1703, Julien taxe Barre (comme Florac) de 20.000 livres, Les Baumes de 4.000 et St Laurent de 8.000.
En juillet 1703, bien que la foire de la Madeleine attire moins, Le maréchal de Montrevel craint que Cavalier y vienne pour ravitailler ses quelques 1.200 hommes, ce pourquoi il envoie Julien et sa troupe. Montrevel s’installera à Barre en septembre 1703.
Le 19 octobre 1703, Julien est informé de la tenue d’une importante assemblée à proximité du Masbonnet. Il n’y trouvera que les habitants et quelques jeunes gens qui prétendent n’être venus que pour ramasser des châtaignes.
En mars 1704 le comte de Tournon fit entourer Barre de murailles qui reliaient les maisons les unes aux autres, bouchant les ouvertures et les portes de derrière.

 

6ème partie : Barre des Cévennes – Saint-Julien d’Arpaon

Sur les Pas des Huguenots carte 6 Barre des Cévennes - St Julien d'Arpaonpicto randonneur sur le chemin camisard 8.5 Km – Itinéraire de Pays du Parc National des Cévennes « Les premiers camisards.»  2h45 – alt. départ : 969m, alt. arrivée : 611, alt. mini : 611m, alt. maxi : 979m, ascen. cum. : 208m, descente. cum : 569m
Plusieurs hébergements à Saint-Julien d’Arpaon (camping, gîtes d’étapes chambres d’hôtes), voir OT (tél. : +33 4 66 45 01 14)

Départ depuis le gîte de Barre : traverser le village (GR7 / GR67) et à l’embranchement avec la D20, suivre les balisages de sentiers de pays, PR, qui coupent une épingle de la route, la suivre à nouveau sur 200 m, et tourner à gauche (en face du Moulin de Roux, en direction du Col du Rey). Quand cet itinéraire rejoint une petite route, la suivre à droite. On passe alors devant le gîte des Combes. Poursuivre. A la croisée des chemins, suivre le balisage « le Bosc, 2 km » ; cet itinéraire part plein Nord et suit en rive gauche le ruisseau des Crouzets. C’est un chemin très agréable sous une hêtraie, qui traverse plusieurs rus. Il bifurquera à l’ouest, en suivant les courbes de niveau, pour traverser le Ruisseau du Cor (passage à gué) et remonter au Bosc. Il passe alors par des enclos en sous-bois de châtaigniers (Pensez à refermer les portes des enclos !), puis sous un rucher. Suivre alors le PR qui passe sous les Bouars et qui surplombe le ruisseau grossi, devenu le Briançon. Poursuivre le chemin principal jusqu’à la mairie de Saint Julien d’Arpaon. Attention à l’approche et en surplomb de la RN 106 à ne pas manquer la courte descente raide qui y mène directement et évite d’avoir à suivre les bords de cette route fréquentée.

Sous le nom de « Sentier du Moulin de Bougès », le Parc National des Cévennes a balisé l’itinéraire de petits carrés jaunes sur poteaux avec la mention « P.R. ». Nous trouverons la balise de départ sous le temple de Saint-Julien, bien visible. Après plusieurs lacets raides dans la châtaigneraie, le chemin balisé conduit en 2 km à la petite route qui mène à droite à Bougès. Le sentier continue alors en face, après avoir traversé la clôture (infranchissable avec les ânes) et mène au Col de l’Agulharon. (Les personnes accompagnées d’ânes devront suivre cette petite route).

a voir en cévennes au Col de l’Agulharon : 2 menhirs, l’un dressé et l’autre couché (côté gauche de la route). Le menhir couché présente un bassin, creusé dans le schiste et se remplissant des eaux de pluie. Pour les gens du pays, il est appelé la  pierre des baptêmes, dite « pierre d’Abraham.» Poursuivre vers Mijavols.

a voir en cévennes au Bosc : la maison du chef camisard Atgier dans laquelle les conjurés se réunirent.

h histoire Paul de Vignols du château de Montvaillant, surplombant l’actuelle route nationale 106 à La Salle Prunet épouse en 1625 Claire de Tézier, fille du seigneur de Barre. De leurs 10 enfants, 8 gagneront le refuge huguenot, en Suisse et en Hollande.
Le 15/03/1702 les soldats de Miral assaillent une assemblée à Ventajols, capturent 5 personnes dont le prédicant Pierre Chantagrel, célèbre pour le fait de manipuler des charbons ardents ou marcher pieds nus dans le feu sans se brûler. Chantagrel se convertit et échappe ainsi à 3 ans de galères, mais restera 3 ans en prison.
Du Chaila dormira à la Cure de St Julien en revenant de la foire de Barre le 23/07/1702. Il confirmera son intention de faire exécuter Massip. Il exposera sa conviction que ceux qui meurent pour religion sont exemptés de purgatoire. Le lendemain, il exaltera le fait de mourir en martyr.
Mijavols était un lieu d’assemblée particulièrement surveillé. Le village fut incendié en représailles déjà en 1686 et 1692.
Le 20 octobre 1702 Abraham Mazel et les siens mettent le feu à l’église et au presbytère. L’état des lieux les plus dangereux de la paroisse de St Julien, dressé en 1703 indique l’Hermet et Mijavols comme lieux d’assemblées, Mijavols étant qualifié de « peste. » Julien taxe St Julien d’Arpaon de 6.000 livres en juin 1703. La commune fait partie de celles concernées par l’ordre de destruction de septembre 1703. Le 30 septembre, alors qu’il s’apprêtait à la faire détruire Montrevel apprend que la flotte anglo-hollandaise est en vue de Sète et il quitte aussitôt les Hautes Cévennes, renonçant ainsi à son projet de destruction.
Jean Roman sera trahi à Mijavols en juillet 1696 par deux hommes de Currières, qui recevront 10 écus chacun.
L’école publique du hameau des Chazes a servi de lieu de culte protestant de 1880 à 1970.
Après la Révocation de l’Edit de Nantes (1685), le culte protestant fut interdit. Les pasteurs ayant été chassés, les parents protestants ne pouvaient faire baptiser leurs enfants selon les rites réformés. Ils profitaient du passage d’un prédicant pour faire baptiser leurs enfants clandestinement. Ce baptême avait lieu la nuit, à la « pierre des baptêmes », en utilisant l’eau du bassin.
Château de Saint-Julien fut détruit en 1618 en représailles des violences dont faisaient preuve la famille de Gabriac.

Grottes : Grotte de la Beaume de Giral à La Salle Prunet, dans laquelle une assemblée aurait été surprise des personnes massacrées et emmurées. Napoléon Peyrat mentionne les arsenaux cachés dans les grottes de la vallée de la Mimente. R.L. Stevenson les évoque lors de son passage. Plus loin, on trouve à Cassagnas, la grotte des Aberlens, la grotte de Magistavol dans laquelle il y aurait eu 100 moutons, 20 bœufs, du blé une autre à Bougès, ainsi que le Rocher des fées, sous lequel les femmes protestantes allaient accoucher. A proximité, se trouve une pierre de baptême, dite la pierre d’Abraham.

 

7ème partie : Saint-Julien d’Arpaon – Le Pont de Montvert

Sur les Pas des Huguenots carte 7 St Julien d'Arpaon - Pont de Montvertpicto randonneur sur le chemin camisard 18.5 Km – GR 70 – 6h30 – alt. départ : 611m, alt. arrivée : 890m, alt. mini : 612m, alt. maxi : 1404m, ascen. cum. : 1210m, descente. cum : 944m
Nombreux hébergements sur place : campings, gîtes, hôtels, chambres d’hôtes, voir OT (tél. : +33 4 66 45 01 14)

Au sortir de Mijavols, (GPS 44°18’53.6’’ N – 3°41’54.7’ E) regagner et suivre le GR70 jusqu’au Pont de Montvert, en passant par Les Trois Fayards et Champlong de Bougès.

a voir en cévennes découverte du village, écomusée du Parc national des Cévennes.

h histoire Le 24 juillet 1702 se tient au lieudit les Trois Fayards, sur le Bougès, une assemblée clandestine pour préparer la libération des 7 jeunes gens et de leur guide. Y participent Abraham Mazel, Salomon Couderc, de Vieljouvès et son cousin Jacques,  de la Roche, Pierre Séguier, de Magistavol, Jean Rampon, du Pont de Montvert, et David Mazauric, de Mijavols. Ils sont rejoints par une cinquantaine de personnes. L’action à mener pour libérer les prisonniers s’impose à eux, du fait des sévices commis par l’abbé Du Chaila. Ils l’organisent et prévoient de chanter un psaume en arrivant au Pont de Montvert.
On dit que le Pont de Montvert aurait été fondé par les albigeois (cathares) remontant le Tarn pour échapper à l’Inquisition. On retrouve des vestiges de cette première implantation sous le rocher du Chastel. A début des années 1700, le Pont de Montvert était quasiment entièrement protestant et faisait limite entre les populations catholiques et les populations protestantes.
C’est au Pont de Montvert que l’abbé Du Chaila fit pendre la prophétesse Françoise Brès en janvier 1702. C’est là également qu’eut lieu l’exécution de Pierre Séguier en août de la même année.
La libération des prisonniers – juillet 1702
Ainsi que prévu, la troupe formée aux Trois Fayards entre dans la commune, tambour battant, et en chantant des psaumes, le n°168 selon A Mazel, le n°51 selon Louvreleul, après s’être séparées en petits groupes, qui  prennent ainsi le contrôle de la commune.
Abraham Mazel demande alors la libération des prisonniers. « Du Chaila prend la décision de faire relâcher les prisonniers en leur confiant même la clé de la porte d’entrée… les attroupés constatent alors que l’abbé n’entend pas libérer Jean Massip, toujours enfermé dans un cachot… ils pénètrent alors dans la maison et y mettent le feu. Du Chaila est blessé en tentant de s’enfuir par une fenêtre de second étage. Arrêté, il reçoit les coups mortels d’Esprit Séguier… « Ainsi finit la vie malheureuse de ce cruel persécuteur, qui fut le signal et le commencement de la guerre des Cévennes qui a tant fait de bruit dans le monde » dira plus tard Abraham Mazel. »
Après ces évènements, deux groupes se forment. L’un pour reprendre le chemin vers le Refuge, avec Massip et s’éloigner de la scène du meurtre de l’abbé, l’autre pour poursuivre l’action de lutte contre la répression. C’est ainsi qu’Esprit Séguier tue l’abbé Reversat, le curé de Frutgères. On retrouvera dans la poche de ce dernier une liste de 20 noms de personnes qu’il conseillait à l’abbé Du Chaila de faire arrêter.
Il est à noter qu’à ce même moment l’intendant Bâville essayait de minimiser les faits et écrivait le 13 août 1702 : « Les attroupements des Cévennes ont cessé ».
Robert-Louis Stevenson fera étape au Pont de Montvert le 29 septembre 1878 lors de son voyage à travers les Cévennes.

 

8ème partie : Pont de Montvert – Mas de la Barque

Sur les Pas des Huguenots carte 8 Pont de Montvert - Mas de la Barquepicto randonneur sur le chemin camisard 15,5 km – GR 72 & vc 1- 5h30 – alt. départ : 890m, alt. arrivée : 1433m, alt. mini : 891m, alt. maxi :1447m, ascen. cum. : 710m, descente. cum : 140m
Au Mas de la Barque : village de vacances et gîte d’étape (tél. : +33 4 66 46 92 72, GPS 44°21’46.1’’ N – 3°44’35.7’’ E)

Quitter le Pont de Montvert en empruntant le GR72. A 3.5 Km, passage devant le gîte du Merlet, le sentier monte en direction du Col de l’Ancise, puis longe le Tarn et rejoint Pont du Tarn.Continuer sur le GR72 jusqu’au Mas de la Barque.

a voir en cévennes Ne pas manquer le sentier d’interprétation du Mas Camargue. Voir Topo-fiche du Parc National des Cévennes. GPS 44°3865855 / 3°8055032

h histoire En 1689, à la Fau des Armes (Bellecoste), essai de jonction avec les rebelles du Vivarais. En 1697, assemblée avec Roman. En juillet 1731, assemblée présidée par Corteiz, de retour de Suisse, avec Rouvière, Combes et Claris.
Le temple de Vialas (à proximité) est le plus vieux temple de France.

Les Trois Fayards : Le 24 juillet 1702 se tient au lieu-dit les Trois Fayards, sur le Bougès, une assemblée clandestine pour préparer la libération des 7 jeunes gens et de leur guide. Y participent Abraham Mazel, Salomon Couderc, de Vieljouvès et son cousin Jacques, de la Roche, Pierre Séguier, de Magistavol, Jean Rampon, du Pont de Montvert, et David Mazauric, de Mijavols. Ils sont rejoints par une cinquantaine de personnes. L’action à mener pour libérer les prisonniers s’impose à eux, du fait des sévices commis par l’abbé Du Chaila. Ils l’organisent et prévoient de chanter un psaume en arrivant au Pont de Montvert.

 

9ème partie : Mas de la Barque – Génolhac

Sur les Pas des Huguenots carte 9 Mas de la Barque - Génolhacpicto randonneur sur le chemin camisard 18 km – GR72, GR68, PR- 6 heures – alt. départ : 1433m, alt. arrivée : 509m, alt. mini : 509m, alt. maxi : 1455m, ascen. cum. : 712m, descente. cum : 1641m.
Gîte d’étape communal, campings, 2 hôtels – OT (tél. : +33 4 66 61 09 48). Commerces, médecin (tél. : +33 4 61 10 53), pharmacie (tél. : +33 4 66 61 10 71). Transports en commun.

Prendre le GR72 sur 6.3Km. Au Col de Rabusat, prendre le GR68 sur 8.3Km pour dépasser le gîte d’étape de Tourevès. Suivre le PR jusqu’à Génolhac (sur 3.3Km).

a voir en cévennes Important fonds documentaire du Parc national des Cévennes. Voie Régordane (GR 700)

h histoire Génolhac a été christianisé par St Martial au III° siècle. Un couvent de Dominicains y est fondé en 1300. En 1562 Génolhac est contrôlé par le huguenot Claude de Chalançon. En 1702 Joany prendra la ville, ce sera la seule ville de garnison prise par les camisards. Il est à noter qu’un nouvel aménagement de la voie Régordane a été envisagé au XVIII° pour assurer le contrôle des régions réformées.

 

10ème partie : Génolhac – Aujac

Sur les Pas des Huguenots carte 10 Génolhac - Aujacpicto randonneur sur le chemin camisard 9.5Km – GRP Le Cévenol – 3 heures – alt. départ : 509m, alt. arrivée : 521m, alt. mini : 330m, alt. maxi :582m, ascen. cum. : 440m, descente. cum : 432m
Gîte communal 04 66 61 55 05 et chambres d’hôtes.

Suivre le GRP Le Cévenol sur 9.5Km

a voir en cévennes Château du Cheylard datant du XII° siècle, dont on dit qu’il est le château sentinelle des trois Cévennes : Gard, Lozère, Ardèche.

h histoire Génolhac signifie probablement terres de Genilius. La commune est traversée par le chemin de Régordane, ancienne route reliant l’Ile de France à Saint-Gilles, en Bas-Languedoc. Un couvent de dominicains y fut créé en 1300. Le camisard Joany s’empara de la ville-garnison en 1702. Il y eu deux épidémies de peste, l’une en 1629, l’autre en 1721.

 

11ème partie : Aujac – Malbosc

Sur les Pas des Huguenots carte 11 Aujac - Malboscpicto randonneur sur le chemin camisard 8.5 Km – GRP Le Cévenol – 2h45 – alt. départ : 522m, alt. arrivée : 465m, alt. mini : 409m, alt. maxi : 842m, ascen. cum. : 553m, descente. cum : 621m
0T (tél. : +33 4 66 61 55 05)

Suivre le GRP Le Cévenol -attention : tracé en cours de modification-

h histoire Malbosc signifie « mauvais bois » ou « bois du pommier ». Vestiges d’une église romane et d’un château du XII° siècle. Le commune fait partie du Parc naturel Régional des Monts d’Ardèche.
2 grottes à proximité des Vans : grottes des Iganous (baoumo iganous : iga en occitan = ravin creusé par l’eau, dite grotte des protestants. Claris y tint une assemblée en 1734. La Beaume Bastide, accessible avec des agrès, utilisée par les protestants, puis pendant la Terreur et en 1792 par 8 prêtres réfractaires qui seront pris et massacrés.

 

12ème partie : Malbosc – Les Vans

Sur les Pas des Huguenots carte 12 Malbosc - Les Vanspicto randonneur sur le chemin camisard 14.5 Km – GRP Le Cévenol tracé modifié / GR44 – 5 heures – alt. départ : 465m, alt. arrivée : 189m, alt. mini : 189m, alt. maxi : 503m, ascen. cum. : 604m, descente. cum : 861m
A Les Vans : 5 Camping, 4 hôtels, 3 chambres d’hôtes, 3 gîtes d’étape et de séjour ; OT (tél. : +33 47 53 72 44, www.lesvans.com). Commerces, médecins, pharmacie.
Quitter Malbosc par le GRP Le Cévenol sur 12Km  -attention : tracé en cours de modification- et rejoindre le GR44 pour les 2 derniers km.

a voir en cévennes Village médiéval, centre historique, Eglise du XII° et retable classé, lavoir couvert. Musée du chirurgien (Ollier inventeur de l’orthopédie), musée des Vans (tél. : + 33 4 75 37 08 62).. Gorges du Chassezac. Musée des Vans (tél. : + 33 4 75 37 08 62).

h histoire La commune des Vans a connu une population importante au XIX° siècle avec les activités économiques liées aux châtaigniers et à la sériciculture.
Apparition de la Réforme aux Vans vers 1563 avec le ralliement du clergé local. Le synode de mai 1576 rattache les églises protestantes de Lagorce, Vallon, Salavas et des Vans au Bas-Languedoc. Jusqu’en 1629 le culte catholique est banni aux Vans.
En 1665 on compte1050 protestants pour 658 catholiques, puis seulement 200 protestants en 1685 ; Ceci montre l’ampleur des départs vers le Refuge. Il est à noter que le départ de protestants occasionna l’arrivée de catholiques, qui redevinrent alors nombreux. Il y eut coexistence entre les communautés.
On estime qu’il y eut près de 3000 protestants qui sont partis en exil depuis le Vivarais, sur un total de protestants exilés compris entre 140 et 200.000. En général on comptait une dizaine de jours de marche pour gagner Genève. Avec un guide expérimenté le trajet pouvait se faire en sept jours.
La relation de la tenue d’un conseil ecclésiastique en 1668, à propos de l’inimitié entre Mesdames Baille et Durand montre l’autorité des consistoires. Ces dames ne s’étant pas présentées le mercredi seront à nouveau convoquées le vendredi et feront preuve de contrition.
En 1684 ne subsistaient en Bas Vivarais que les temples de Lagorce, Salavas et des Vans.
Assemblées et prophétisme se développent vers 1689. Parmi les réfugiés à Lausanne en 1698 on note la présence de Jacques Dupuis, originaire des Vans, qui exerçait y alors son métier.
En septembre 1703, la Dame du Plagnol interceptée par les camisards sur la route entre les Vans et Villefort eut la vie sauve grâce à Joany qui dit « qu’elle a été assez punie quand on a incendié ses maisons. »
Bâville mentionne Les Vans comme ville de garnison dans son mémoire du 04/03/1702 (de même que Nîmes, Alès, Uzès, St Hyppolite du Fort, Le Vigan et St Jean du Gard pour les troupes royales). Du Vilar, officier résidant aux Vans, écrit le 09 avril 1703 qu’il considère « le Mont Lozère comme le centre et la retraite du fanatisme » et le 02 juin : « que le pays où il se trouvait était affreux et quasiment impraticable, et qu’avec des montagnes aussi horribles, il lui fallait absolument renouveler son équipage, car il n’y avait pas un rocher en Dauphiné ni en Vivarais qu’il n’ait grimpé… et il demandait une augmentation de son traitement. »
Du Vilar supprime les milices bourgeoises « parce qu’elles coûtaient et ne servaient à rien » (août 1703). En mars 1704 le marquis de La Lande écrit qu’il fait modifier la route du courrier par Les Vans, après avoir constaté que les rebelles l’interceptaient sur l’autre rive de l’Ardèche.
Vers 1763 pasteur Guizot est aux Vans. C’est le grand-père du ministre de Louis-Philippe.
Grotte des protestants, appelée comme telle depuis 1890, vaste porche en ogive de 30 m de haut et 15 de large, pièce de 45 x 8. C’est dans cette grotte qu’Antoine Court lut la Bible devant Abraham Mazel en 1709. Antoine Court réorganisa l’Eglise protestante avec Pierre Corteiz. Il fut par ailleurs historien de la guerre des Camisards, interrogeant bon nombre de réfugiés en Suisse.
Selon une tradition, c’est dans la grotte des Huguenots, près des Vans que fut rédigé le sermon à la colombe qui initia la tradition pacifiste.
Assemblées à partir 1720 au bois des Armes.
Il est rapporté que c’est au Vans que fut organisée en 1818 une des premières écoles du dimanche pour apprendre aux enfants la lecture de la Bible et les grands principes protestants.

 

13ème partie : Les Vans – Berrias

Sur les Pas des Huguenots carte 13 Les Vans - Berriaspicto randonneur sur le chemin camisard 9.8 Km – GR 4- 3h15 – alt. départ : 189m, alt. arrivée : 131m, alt. mini : 132m, alt. maxi : 269m, ascen. cum. : 213m, descente. cum : 282m
Commerces, camping. Médecin (à St Paul le Jeune, tél. : + 33 4 75 89 89 82)

Suivre le GR4.

a voir en cévennes Châteaux de Malbosc et de Casteljau. Bois de Païolive exceptionnelle forêt ancienne et roches calcaires sculptées par l’érosion.

h histoire Camp de Jalès, le 18/08/1790 le maire de Berrias invite toutes les municipalités catholiques du Bas-Vivarais, de l’Uzège et d’Alès à se réunir à Jalès : 1° camp qui réunira 30.000 catholiques contre-révolutionnaires., Un second camp eut lieu du 19 au 23 février 1791 et le 3° du 07 au 11 juillet 1792, réunissant 15 à 20.000 personnes. Le comte de Saillans qui s’était installé le 07/03/1792 à St André de Cruzières s’était fait reconnaître comme chef royaliste et propose d’organiser un soulèvement le 15/08/1792. De Saillans sera mis en accusation et recherché. Déjoué, il s’empare du château et de la plaine de Banne le 04/07/17792. Arrêté il sera exécuté au Vans le 12/07/1792. Il y aura encore cinq regroupements royalistes à Jalès entre 1793 et 1796. Visite de la Commanderie de Jalès (tél. : + 33 4 75 94 92 15)

 

14ème partie : Berrias – Grospierres

Sur les pas des Huguenots carte 14 Berrias - Grospierrespicto randonneur sur le chemin camisard 10 Km – GR 4 – 3h30 – alt. départ : 131m, alt. arrivée : 213m, alt. mini : 111m, alt. maxi : 227m, ascen. cum. : 149m, descente. cum : 56m
Campings, gîtes, chambres d’hôtes, hôtel. Acrobranches, dolmen info : (tél. : +33 4 75 39 67 17)

Suivre le GR4.

h histoire Le nom de Grospierres vient du latin Gurges petra = gouffre dans la pierre, ceci pour à nommer la Résurgence de la Font Vive. A proximité le vieil ensemble du Chastelas (14° siècle) à l’origine du village.

 

 

15ème partie : Grospierres – Vallon Pont d’Arc

Sur les pas des Huguenots carte 15 Grospierres - Vallon Pont d'Arcpicto randonneur sur le chemin camisard 14.5 km  – GR 4 – 5 heures – alt. départ : 212m, alt. arrivée : 116m, alt. mini : 91m, alt. maxi : 366m, ascen. cum. : 418m, descente. cum : 515m
A Vallon Pont d’Arc : 5 Hôtels, 8 Chambres d’Hôtes, 18 Campings, 3 gîtes d’étape. Commerces, médecins, pharmacies. Spéléo (tél. : +33 4 75 87 27 23). OT (tél. : + 33 4 75 88 41 14).

Suivre le GR4.

a voir en cévennes Association des amis de l’histoire, Village de Vallon, grotte Chauvet, gorges de l’Ardèche, Maladrerie des templiers, Trou de la lune, Salavas : vieux village et château.
Salavas se trouve sur la voie dite « Antonin le Pieux (2° siècle) qui reliait Nîmes à Alba la Romaine. Selon la légende le nom Salavas vient de la contrebande du sel. Un chargement de sel aurait été versé dans un puit pour éviter de payer la taxe, d’où : fontaine salée, sel lavé, Salavas.
Aménagement scénographique de la visite du village. Vieux Village et Tour. Tourisme souterrain. Trou de la lune.
Vallon Pont d’Arc Voir le Pont d’Arc, les Gorges de l’Ardèche, (descente Canoës et kayak), la Grotte Chauvet (patrimoine mondial Unesco), avec la reconstitution de la Caverne du Pont d’Arc, ( Aven Orgnac (17 km).
Grotte de la Chaise, à Salavas, Grotte de l’Ours à Vallon, avec cette inscription « Pour prier Dieu à cause de la révolte. »

h histoire La Tour du Moulin, haute de 21 mètres, commandait le gué permettant de traverser l’Ardèche. Elle a fait l’objet de nombreux combats lors des guerres de religions aux 16° et 17° siècles. A noter qu’en 1570 les catholiques s’en étant emparés, « frustrés du seul moyen qu’ils avaient de faire de la farine », les protestants la reprirent par ruse avec quatre jeunes soldats déguisés en femmes.
Dans la région de Vallon les mariages protestants étaient précédés des annonces faites trois dimanches consécutifs dans les églises d’origine des conjoints. Sur le registre des mariages de Vallon, en 1599, se trouve la mention : « comme ainsi soit qu’à la louange de Dieu et augmentation d’humain lignage, a été bailhé mariage…
Les idées de la Réforme s’installent dès 1561. Salavas, Vallon et Labastide-de-Virac sont reconnus comme lieux de culte par l’Edit de Nantes en 1598. Aucune place forte n’a été accordée aux protestants du Vivarais par l’Edit de Nantes, mais Vallon en fut l’une des 5 places particulières confiées à la garde des seigneurs protestants.
En 1621 le Baron Hérail de Merle récemment convertit au catholicisme s’empare du gué de Salavas et permet le passage de la troupe royale. Son château, pourtant gardé par 80 hommes en armes, fut pris par ruse, sous la conduite du serrurier Chalanqui.
Vallon connu le passage des troupes du duc de Rohan en 1628, puis de l’armée de Louis XIII en 1629, avec la démolition des temples.
Antoine Court raconte que le prophétisme s’est développé dans la région de Vagnas avec Daniel Raoux, qui saisit de ce « mal étrange », s’était érigé en prédicant : « alors que je ne sais pas lire, je suis une de ces pierres – dont parle l’Evangile – qui crient… destinées à vous réveiller de votre assoupissement et vous exhorter à la repentance. » Il semble que ce soit avec lui que le prophétisme soit passé du Vivarais en Cévennes.
Sarah Salgone témoigne pour sa part : « Des personnes qui disaient mille belles choses pour porter ceux qui les écoutaient à la vraie et solide piété, à une sérieuse réformation des mœurs, à l’horreur de l’idolâtrie papistique et de toutes sortes de superstitions. »
Combats et nombreuses exactions des camisards à Salavas les 20 et 21 janvier 1703 et les 10 et 11 février 1703 à Vagnas. Cavalier ayant 800 hommes avec lui. Il échoue dans sa tentative de traverser l’Ardèche et perd 300 hommes. Vagnas sera totalement dévasté et le château des Roure mis à sac.
En février 1704, à Vallon, Julien déplore qu’on ne lui ait pas donné les moyens de lutter contre la « diabolique révolte des Cévennes » qui menace alors de s’étendre au Vivarais. Joani tenait le Lozère et le Bougès avec 3 à 400 hommes.
12 mars 1705, le sieur Arnaud, le même qui avait fait arrêter Jean Roman en 1699, dénonce la présence du chef camisard Castanet à Vallon qui tenait des assemblées dans les bois et les cavernes à proximité, alors que Bâville le croyait à Livron.
En avril 1710 A. Mazel, après avoir dormi à Villeneuve de Berg, assiste à une assemblée où prêche une certaine Marthe, le lecteur de la bible étant Antoine Court, alors âge de 14 ans.

 

16ème partie : Vallon Pont d’Arc – St Maurice d’Ibie

Sur les pas des Huguenots carte 16 Vallon Pont d'Arc - St Maurice d'Ibiepicto randonneur sur le chemin camisard PR – 17 Km  – 4h30 – alt. départ : 116m, alt. arrivée : 222m, alt. mini : 115m, alt. maxi : 364m, ascen. cum. : 557m, descente. cum : 449m
A Lagorce : commerces, hébergements. A St Maurice d’Ibie : Commerces, hébergements, camping.

Suivre le PR sur 17 Km

a voir en cévennes proche de Lagorce la cascade de la Sompe et la vallée de l’Ibie. Lagorce est la plus vaste commune d’Ardèche : 7.000 hectares. Le nom vient de Gortia : le buisson épineux. A proximité, dans la vallée de l’Ibie  :la grotte habitée qui servit de refuge aux protestants et la cascade de la Sompe, qui se jette dans le Trou du Diable.
a voir en cévennesSt Maurice d’Ibie : village typique de l’Ardèche calcaire. Voir le porche roman de l’église et les passages voûtés du hameau des Salelles.

h histoire Elle fut une importante place protestante, gardée par 20 soldats protestants en 1570. Le synode de 1596 décide que le pasteur Raillet se partagera entre Vallon et Lagorce.
Le château fut détruit en 1629 sur ordre de Louis XIII. Le temple de Lagorce est le plus ancien temple d’Ardèche. E, 1668 le consistoire décide de blanchir et enduire le temple. En 1673 on relate une querelle dans le temple, avec les bancs libres et les bancs réservés, ayant donné lieu à des injures et exclusions momentanées. Tout comme pour les mariages, les candidats au « conseil des anciens », gérant la vie de la communauté étaient présentés 3 dimanches consécutifs avant leur nomination.
La Vallée de l’Ibie est commandée par le hameau des Salelles avec ses maisons à terrasses couvertes, dites à couradou. Il y eut de nombreuses assemblées du désert dans cette vallée. Antoine Court y fera ses débuts de lecteur de la Bible et y rencontrera le camisard A. Mazel. La voie royale qui suit les hauteurs de la vallée fut empruntée par les exilés partant vers Genève.
Grotte de Ron Baratu : lieu d’assemblée.

 

17ème partie : Saint-Maurice d’Ibie – Villeneuve de Berg

Sur les pas des Huguenots carte 17 St Maurice d'Ibie - Villeneuve de Bergpicto randonneur sur le chemin camisard PR – 10,5 Km – 3h30 – alt. départ : 222m, alt. arrivée : 323m, alt. mini : 222m, alt. maxi : 396m, ascen. cum. : 317m, descente. cum : 197m
Commerces, hébergements

Suivre le PR sur 10.5 Km

a voir en cévennes Voir le Pradel, domaine d’Olivier de Serre, poursuite possible vers Mirabel, haut-lieu de refuge huguenot Villeneuve de Berg –Mirabel par Coudoulas retour par l’Eglise. 20 km.

h histoire Villeneuve de Berg, fondée au XIII° siècle en co-seigneurie entre Philippe III le Hardi et les moines cisterciens de Mazan, Fortement marquée par les guerres de religion entre 1561 et 1621.
Dans des écrits datant de 1562 il est attesté que l’on commençait à nommer « huguenots », ceux qui professaient la R.P.R, la religion prétendue réformée.
En 1627, sur ordre de Louis XIII, les Capucins s’installent à Villeneuve de Berg où ils réunissent 50.000 catholiques lors du Jubilé.
Après 1629, le culte réformé n’est plus autorisé qu’au Pradel, domaine d’Olivier de Serres (1539 – 1619), surnommé le premier agronome de France (cf. son livre de 1.000 pages : « Théâtre de l’Agriculture et de Mesnage des champs ». Olivier de Serres organisa la communauté protestante. N’ayant pu obtenir un pasteur auprès des églises de Nîmes il partit en demander un à Genève en 1562. Son frère Jean de Serres étudia la théologie tout d’abord à Lausanne en 1557, puis auprès de Calvin et de Théodore de Bèze à Genève en 1559. Il fut pasteur et biographe d’Henri IV.
En 1685 on compte quatre compagnies du régiment de Castres basées à Villeneuve de Berg. Du fait de cette présence des « missionnaires bottés »1, de nombreuses abjurations furent prononcées entre le 29 septembre et le 01 octobre.
Antoine Court est né à Villeneuve de Berg en 1695. Tôt orphelin de père, il accompagne sa mère aux assemblées clandestines. En 1713 il décide de se former au pastorat. En 1714 il se prononcera fermement contre tout ce qui est inspiration et prophétie extatique. Il organise le 21 août 1715 le premier « Synode au Désert » aux Montèzes, près de Monoblet dans le Gard. C’est à partir de là que s’organisera le rétablissement des églises protestantes.
Il rapporte le fait qu’en 1715 à Villeneuve, trois amis surpris allant se réunir dans une maison en vue d’y tenir une assemblée, et bien qu’ils se soient enfuis, le propriétaire fut emprisonné et la maison rasée au prétexte qu’on y avait trouvé une Bible.

 

18ème partie : Villeneuve de Berg – Alba la Romaine

Sur les pas des Huguenots carte 18 Villeneuve de Berg - Alba la Romainepicto randonneur sur le chemin camisard PR – 13.8 km – 4h45 – alt. départ : 323m, alt. arrivée : 199m, alt. mini : 187m, alt. maxi : 504m, ascen. cum. : 547m, descente. cum : 675m

Suivre le PR sur 13.8 Km

h histoire Saint –Andéol de Berg fut fondé après le pillage d’Alba la Romaine au V° siècle. A proximité l’abbaye cistercienne de Mazan. Au XV° siècle grand incendie.
A Alba : Commerces, hébergements (camping)
Alba fut la capitale des Helviens (Helvie est le nom gaulois du Vivarais) Voir le château des XII° et XIV° siècles ainsi que la cité médiévale. A noter qu’en 1586 il y eut de façon concomitante une assemblée catholique à Viviers et une assemblée protestante à Alba pour obtenir une trêve dans les guerres de religion auxquelles s’ajoutaient la sécheresse et la peste, les 3 fléaux. Site archéologique de la cité et du théâtre antiques.

 

19ème partie : Alba la Romaine – Mélas (Le Teil)

Sur les pas des Huguenots carte 19 Alba la Romaine - Mélaspicto randonneur sur le chemin camisard PR / GR42- 10.5 Km – 3h30 – alt. départ : 199m, alt. arrivée : 114m, alt. mini : 97m, alt. maxi : 405m, ascen. cum. : 265m, descente. cum : 359m
Mélas : Hôtels, camping municipal, commerces, médecins, pharmacies. OT (tél. : +33 4 75 49 10 46)

Suivre le PR sur 10.3 Km, arrivée dans Mélas par le GR42

h histoire Baptistère de l’église Saint-Etienne de Mélas inscrit au titre d’Itinéraire Culturel du Conseil de l’Europe. Chapelle octogonale datant du 4° ou ° siècle. On ne sait s’il s’agissait d’un baptistère ou d’une chapelle funéraire. Un monastère de femmes fut créé par Frégégonde au VI° siècle.
Le Teil tire son nom de la colline du Tillard sur laquelle Adhémar de Valentinois construisit son château-fort au XII° siècle. Château détruit au XVII° Adhémar ajouta Monteil à son nom. En occitan lo tehl = le tilleul.

 

20ème partie : Mélas – Meysse

Sur les pas des Huguenots carte 20 Melas - Meyssepicto randonneur sur le chemin camisard 16 km – GR 42 – 5h30 – alt. départ : 114m, alt. arrivée : 85m, alt. mini : 84m, alt. maxi : 491m, ascen. cum. : 658m, descente. cum : 668m
Gîtes La Coconière, Hôtel Le Médiéval à Rochemaure, commerces. Médecin (tél. : +33 4 75 52 94 60). Pharmacie (à Rochemaure, tél. : +33 4 75 49 20 74).

Suivre le GR42.

a voir en cévennes Eglise romane et église du haut moyen-âge avec Baptistère (itinéraire clunisien des Itinéraires Culturels du Conseil de l’Europe.

h histoire En 1583 le synode de Villeneuve de Berg confie à Dugas la desserte des paroisses de Meysse, Le Pouzin, Baix, Saint-Julien, St Alban, St Symphorien, Bressac, St Vincent Barres.
En 1666, controverse de 3 jours entre le ministre Charrier et le père Brossard sur la question de savoir « si la religion romaine d’aujourd’hui est la vraie église. »
Les registres conservés montrent qu’il y eut des pasteurs à St Vincent de Barrès de 1576 à 1681.
C’est à Baix que Gabriel Astier venant de Cliousclat aborde en janvier 1689 et commence à prêcher, puis poursuivra ensuite pendant une quinzaine de jours à Bressac. De nouveaux inspirés le rejoignent et font de même. En 1689, au Vignal, se tient la première assemblée de jour. Alexandre Astier, prophète âgé de 20 ans sera arrêté et restera 24 ans aux galères. Il fera partie des 120 galériens libérés sur demande de la reine d’Angleterre et terminera sa vie en Suisse où il rédigera pour Antoine Court le « récit naïf et fidèle » de ses souffrances. Baix était un lieu de passage connu vers les pays du Refuge. On sait par ailleurs que Louis XIII et Richelieu y ont accosté en 1629.

 

21ème partie : Meysse – Saint-Vincent de Barres

Sur les pas des Huguenots carte 21 Meysse - St Vincent de Barrèspicto randonneur sur le chemin camisard 9.8 km – GR 42 – 3h15 – alt. départ : 85m, alt. arrivée : 444m, alt. mini : 85m, alt. maxi : 484m, ascen. cum. : 631m, descente. cum : 282m
Camping, chambres d’Hôtes, Hôtel à Rochemaure. Médecin (à Cruas, tél. : + 33 4 75 51 41 14)

Suivre le GR42 sur 9.8 Km.

a voir en cévennes à St .Vincent de Barrès : village fortifié et à proximité une hêtraie remarquable.

h histoire Selon la tradition Jules César serait passé à Saint-Vincent de Barrès lors de la guerre des Avernes. Oppidum, voie romaine et domaine gallo-romain « Villa Artenica ». Saint-Vincent – Barres fut une place forte protestante à la fin du XVI° siècle. Il y eut une garnison protestante à St .Vincent de Barrès. Sa communauté protestante participe au colloque de Baix en 1563. En 1586 les protestants de St Vincent de Barrès fournissent une monture au pasteur du Pouzin afin qu’il puisse desservir leur communauté.

 

22ème partie : Saint-Vincent de Barrès – Saint Symphoriens sous Chomérac

Sur les pas des Huguenots carte 22 St Vincent de Barrès - St Symphorien sous Choméracpicto randonneur sur le chemin camisard 9 Km – GR 42 – 3 heures – alt. départ : 444m, alt. arrivée : 154m, alt. mini : 125m, alt. maxi : 446m, ascen. cum. : 164m, descente. cum : 470m
Camping, gîtes, chambres d’hôtes (Le Moulinage et château de Fontblacère) commerces. Médecin (à Chomérac, tél. : +33 4 75 65 12 12)

Suivre le GR42.

a voir en cévennes A proximité de l’église de St Symphorien : le « canyon » de la Payre.

h histoire Il y eut à Saint-Lager-Bressac une importante industrie de la soie avec magnaneries et filatures. On y trouve 3 châteaux : des Mottes, de Granoux, de Fontblachère. A proximité, des habitats troglodytes à Montbrun. St Lager –Bressac connu une importante mobilisation citoyenne pour sauver la République lors du coup d’Etat de Napoléon III, le 02.12.185. La fusion des communes de Saint-Lager et Bressac fût tumultueuse. Une expression locale : « Montarem tan que pourem. »
L’Eglise de Saint-Symphorien a été construite sur un ancien temple païen. On y trouve des fonds baptismaux du XII° siècle.

En 1580 à Chomérac, réunion des catholiques et des protestants pour établir une trêve… afin de « s’opposer aux pillards et assassineurs ». Selon l’enquête de Nicolas du Vesc, vicaire de Viviers en 1583, tous les habitants du lieu sont protestants. Chomérac a fait l’objet de nombreuses prises et reprises entre les catholiques et les protestants durant la période allant de 1621 à 1629. Lors de la dernière reprise par le Montmorency en 1628, 70 à 120 hommes de la garnison protestante furent pendus, le château et la ville incendiés, le temple démoli. Ce dernier sera reconstruit puis à nouveau démoli en 1685. Un nouveau sera reconstruit en 1837. François Valentin, de St Symphorien, fut emprisonné à Villeneuve de Berg en 1752 pour avoir refusé de faire baptiser dans l’église catholique son enfant. En 1746 l’évêque de Viviers se plaint que le maître d’école de St Symphorien enseigne le catéchisme des protestants aux enfants.
En 1808, par décret impérial l’église catholique vacante est mise à disposition des protestants, à charge pour eux d’en assurer l’entretien et les réparations.

 

23ème partie : Saint-Symphorien sous Chomérac – Le Pouzin

Sur les pas des Huguenots carte 23 St Symphorien sous Chomérac - Le Pouzinpicto randonneur sur le chemin camisard 8 Km – GR 42 -2h45 – alt. départ : 154m, alt. arrivée : 91m, alt. mini : 91m, alt. maxi : 353m, ascen. cum. : 258m, descente. cum : 334m
Hôtel, commerces, médecins, pharmaciens

Suivre le GR42.

h histoire La ville fut en grande partie détruite par les bombardements durant la dernière guerre. On y trouve encore cependant 2 monuments : le Pont romain sur l’Ouvèze, datant du II° siècle et les ruines de l’abbaye St Pierre de Rompon, dite couvent des chèvres, ancien couvent bénédictin détruit pas les huguenots au XVI° siècle.
Le Pouzin : Première église protestante dressée en 1560 et participe au colloque de Baix le 07/04/1563. En 1569, les catholiques du Comtat-Venaissin échouent dans leur tentative de reprendre Le Pouzin.
En 1575, le contrôle du Pouzin et de Baix par les protestants est considéré comme entravant le commerce royal sur le Rhône. En 1578 : déclaration de respect mutuel des catholiques et des protestants du Pouzin.
L’Edit de Nantes n’accordera pas de place de sûreté aux Protestants du Vivarais, mais Baix sera « place de mariage » = garnison mi-catholique, mi- protestante et 5 places particulières, confiées à l’autorité protestante : Vallon, Vals, Privas, Le Pouzin, St Julien Boutière.
Il est relaté qu’en 1588 les assemblées protestantes se tenaient à la maison consulaire du Pouzin et qu’en 1598 il y avait deux services le dimanche, un le matin et un le soir.
En 1629 Louis XIII assiège Privas, et regroupe 8.000 hommes entre Le Pouzin et Baix, puis ce sera la signature de la Paix d’Alès, le 28 juin 1629, rétablissant les droits accordés par l’Edit de Nantes, mais non les fortifications. En 1683 destruction des temples du Pouzin, Saint-Fortunat et Chalancon.
De même que Baix et La Voulte, Le Pouzin était connu comme lieux de traversée vers le Dauphiné, par les îles du Rhône.

 

 

24ème partie : Le Pouzin – Allex

Sur les pas des Huguenots carte 24 Le Pouzin - Allexpicto randonneur sur le chemin camisard 19 Km (dont Le Pouzin – Livron : 9,8 Km et Livron – Allex : 9,2 Km) – 6h15 – alt. départ : 91m, alt. arrivée : 154m, alt. mini : 87m, alt. maxi : 248m, ascen. cum. : 227m, descente. cum : 160m

Sortir du Pouzin en franchisant le Rhône (pont de la RN304). De suite après le pont, prendre à gauche et longer le Rhône sur 2.3 Km, jusqu’à la passerelle qui franchit la rivière Drôme. Prendre à droite et longer la rivière sur 6.5 Km (après être passé sous la voie du train). Vous arivez dans Livron sur Drôme par l’ancienne gare.
Poursuivre en direction d’Allex. – descriptif jusqu’au carrefour route D125

a voir en cévennes La confluence Drôme -Rhône, l’île de Printegarde : Située le long du Rhône sur les communes de Livron et La Voulte, cette zone est recouverte de vastes roselières favorables à la nidification des oiseaux d’eau et le stationnement de milliers de canards en hiver. A la confluence la Réserve Naturelle de Printegarde accueille oiseaux migrateurs et plus d’une centaine d’espèces de libellules. Balisage et panneaux d’interprétation sur les sentiers de randonnée, le long des cours d’eau. La confluence est un lieu privilégié pour l’observation des oiseaux migrateurs au printemps et à l’automne. Outre son intérêt écologique, cet île présente un attrait paysager devenu rare et typiquement Rhodanien.

h histoire Le Pouzin : à l’origine, il existait une ville Romaine sur le territoire de Le Pouzin : Batania, mais la cité fut ravagée par des barbares au Vème siècle, puis par les Sarrasins au VIIIème siècle. Au cours de son histoire, Le Pouzin a connu de nombreuses périodes de guerres destructrices, notamment pendant les guerres de religion, car le Pouzin abritait une forte population de Protestants, qui furent persécutés par les armées royales au XVIIème siècle.
h histoire Le franchissement du Rhône : il n’était pas un obstacle majeur pour les exilés, le Rhône étant souvent gelé en hiver (exemple dans les Mémoires de Michel Forest) et guéable au moment des basses eaux estivales (lônes et broteaux) Une lône désigne un bras mort d’un fleuve qui reste en retrait du lit de ce fleuve et se trouve alimenté en eau par infiltration ou en période de crue. Son tracé et sa morphologie peuvent alors fortement évoluer sous la puissance des remous et la quantité de sédiments déplacés. Le terme lône était utilisé à l’origine pour le Rhône, mais il est aussi étendu à d’autres cours d’eau notamment l’Isère. On parle de « broteaux » pour désigner les ilôts inondables, en constante évolution formés par les lônes, ce sont des écosystèmes remarquables Les lônes, avec leurs eaux stagnantes, présentent des écosystèmes riches et font souvent l’objet d’initiatives de préservation. Elles sont constituées d’habitats particulièrement favorables à la biodiversité : forêts alluviales, saulaies arbustives, eaux douces stagnantes eutrophes, herbiers d’hydrophytes et roselières. Les « vorgines », (osier, saule) désignent les lieux où pousse la ‘vorge’ (saule), végétation caractéristique des lônes et broteaux. Les lônes du Rhône abritent de nombreuses espèces, dont certaines espèces protégées emblématiques : – des mammifères : Castor d’Europe, Loutre d’Europe, – des oiseaux : Martin pêcheur, Blongios nain, Milan noir, – des chiroptères (chauves-souris) : Petit et Grand rhinolophe, Petit et Grand murin, Minioptère de Schreibers, Murin de Bechtein, – des insectes : Agrion de Mercure, Damier de la Suciss.

h histoire LIVRON Perché au centre de la moyenne vallée du Rhône et à la porte d’entrée de la Vallée de la Drôme, le site du Haut-Livron a toujours occupé une position stratégique de premier plan. Ses armoiries symbolisent bien la valeur de ce site : Une tour et un verrou.
En cette fin de Moyen Age, les marchés et les foires battent leur plein, les échanges s’organisent. On assiste à un tel essor de la ville, qu’aux alentours de 1500, elle déborde largement des murailles. La première moitié du XVIe siècle est la période au cours de laquelle le bourg perché a compté le plus d’habitants : la forte population et la plénitude du fonctionnement des institutions locales font que cette période peut être considérée comme « l’âge d’or » du bourg perché. Cette petite ville en pleine croissance devait accueillir favorablement la Réforme. Le mouvement allait être favorisé par la nomination d’un nouvel évêque pour Valence et Die : Jean de Montluc. Large d’esprit, acquis à l’idée d’une réforme de l’Église catholique, cet évêque sera très réceptif aux nouveautés dans son diocèse. À Livron, le noyau réformé a grossi rapidement. Les responsables protestants n’ont pas tardé à écrire à Genève pour obtenir un pasteur. Et, alors que les passages de troupes se multipliaient, le jeudi 7 mai 1562, le pasteur Jehan Penin, envoyé de Genève, arriva à Livron. Le 24 mai, les habitants décidèrent de le garder : l’Église réformée de Livron était née et elle se trouvait solidement établie. Une place protestante (1562 – 1633). Le 27 avril 1562, La Motte-Gondrin, Lieutenant général de Dauphiné, avait été tué à Valence, ce qui avait enclenché la guerre civile dans la province. Fief réformé, Livron sera concerné par la guerre dès cette année 1562, avec l’hébergement de troupes, les fournitures d’hommes et de vivres, mais les opérations ne toucheront directement le bourg qu’au printemps 1570 lorsque le chef protestant Montbrun y logera une partie de sa troupe. Le coup de force royal de la Saint-Barthélemy, en août 1572, fera cesser un temps les actions militaires et le pasteur livronnais Pierre de Vinays ira se réfugier à Genève. Mais, dès 1573, Montbrun reprendra les opérations. Livron assiégé une première fois sans succès en juin-juillet 1574, sera de nouveau encerclé, de décembre 1574 à janvier 1575, par des troupes royales fortes de 6 000 hommes. Ce siège mémorable, succès pour les assiégés, fera entrer Livron dans la grande histoire ; mais les suites seront bien difficiles en raison de l’épuisement des ressources et des dégâts occasionnés, la vieille ville étant partiellement détruite, une grande partie de ses murs ayant servi à renforcer l’enceinte extérieure. Cédé aux troupes royales en vertu d’un accord provincial, Livron sera totalement démantelé en 1582. Réoccupé par les troupes protestantes, le bourg retrouvera une nouvelle enceinte en 1590 avant de devenir, en 1599, l’une des douze places de sûreté accordées aux protestants en Dauphiné. Le XVIIe siècle allait voir une perte progressive d’influence du parti protestant local. L’abjuration du pasteur livronnais Barbier en 1615 sera comme un prélude à ce recul. En 1623, Livron sera définitivement démantelé. La terrible épidémie de peste de 1629/1631 passée, la lutte reprendra et cette fois le parti catholique en sortira vainqueur : saisie du temple protestant en 1632, temple qui deviendra l’église catholique du lieu. Et la démolition du château en 1633, sur ordre de Louis XIII et Richelieu, allait marquer une nouvelle étape : pour Livron son emploi de place forte était terminé. Lors du démantèlement des remparts, seule subsistera « la tour du diable » (Tour de Raspans) à laquelle personne n’osera toucher… Accrochée au versant de Brézème, cette tour garde encore son mystère issu de faits étranges… La légende veut que cette tour soit habitée par des êtres surhumains qui se réservaient la garde de la forteresse. Lorsqu’on introduisait, le soir, un soldat pour faire le guet, au sommet de cette tour… au lever du jour, celui-ci était retrouvé mystérieusement endormi, au pied de la colline et, cependant, les portes étaient closes. Il n’avait rien vu, rien entendu…
La puissance du parti protestant local a été peu à peu anéantie de 1635 à 1684. D’abord, les catholiques, bien que toujours très minoritaires, ont intrigué pour obtenir des avantages dans l’administration communale. Un accord intervint le 28 janvier 1635 : dorénavant, le conseil de la communauté, qui était élu chaque année, serait mi-parti, c’est-à-dire qu’il serait constitué de 3 conseillers de chaque culte.
Trente ans plus tard, bien que toujours largement majoritaires, les protestants allaient passer au second rang dans l’administration locale. En effet, à partir de 1666, le conseil restera mi-parti, mais on élira chaque année deux consuls, un de chaque culte, le premier consul étant nécessairement catholique. Cette prééminence était aussi assurée par la présence à toute réunion du conseil, du curé Antoine Bellin en tant que syndic des catholiques. Puis vint le temps d’éliminer purement et simplement la religion protestante. Furent employés par l’État à la fois la carotte et le bâton : on offrait une prime ou l’exemption d’impôt en cas d’abjuration, sinon on menaçait d’envoyer les dragons. Les interdictions de culte et les ordres de démolition des temples vont se multiplier dans la région de la fin 1683 à la fin 1684. Les protestants livronnais n’abjureront pas facilement ; il faudra, à l’automne 1685, de dures dragonnades pour que les choses changent. Des pages manquent dans le registre paroissial de Livron, et tout ne peut être comptabilisé, mais du 10 au 16 octobre 1685 seulement, le curé va enregistrer 420 abjurations…Quelques autres suivront jusqu’en novembre, et il y en avait certainement eu déjà beaucoup avant le 10 octobre. Cela s’était passé de façon analogue dans tout le pays, si bien que, sur le papier du moins, presque tous les protestants avaient abjuré. Aussi, le 17 octobre 1685, à Fontainebleau, Louis XIV put-il signer la révocation de l’Edit de Nantes : les protestants ayant presque tous rejoint – disait-il – la religion catholique, l’Edit était devenu sans objet. Un chiffre significatif : en 1687, deux ans après la Révocation, l’évêque de Valence comptait, parmi les 1 366 Livronnais, 71 % de « nouveaux convertis » (anciens protestants). C’est-à-dire qu’ici, avant la Révocation, la reconquête catholique « régulière » n’avait été qu’amorcée. Des Livronnaises et des Livronnais émigrèrent : on trouve trace d’une trentaine d’entre eux secourus par la Bourse de Genève. Cette émigration se dirigea surtout vers l’Allemagne. La fin du règne de Louis XIV devait être bien difficile. En 1701, un nouvel impôt, la capitation, était déjà venu accroître les charges, mais bientôt une catastrophe météorologique, le terrible hiver de 1709, amènera de nombreux décès et une recrudescence de la misère. Bien qu’interdite désormais, la religion protestante ne s’était pas éteinte. Dans le milieu familial, les protestants entretenaient leur foi qui gardait ainsi une étonnante vitalité : les nombreux enterrements « aux champs » que note le curé livronnais dans son registre paroissial en apportent la preuve
Les Livronnais doivent se remettre à vivre dans une ville dévastée ou d’autres malheurs viennent s’ajouter : Encore la peste qui fait des coupes sombres dans la population, les difficultés agricoles du milieu du siècle, les continuels passages de troupes, et, à partir de 1685, les persécutions religieuses qui suivent la révocation de l’Edit de Nantes.
L’horizon s’éclaircit vers le milieu du XVIIIe siècle : L’industrie de transformation de la soie est en plein essor : filatures, moulinages, tissages et élevage du vers à soie créent de nombreux emplois. D’imposants bâtiments en témoignent encore à Livron et dans toute la Vallée de la Drôme.
Le Rhône est alors un moyen commode d’acheminer les marchandises sur de nombreuses barques. Si celles-ci n’ont pas trop de difficulté pou descendre le fleuve, pour remonter le courant, elles doivent être tirées par de nombreux et lourds chevaux de trait.
La batellerie sur le Rhône emprunte les chemins de halage et fait vivre les riverains du fleuve. Certains tiennent auberges et accueillent les mariniers, d’autres ont la charge des équipages de chevaux à renouveler.
En 1767 commence la construction du pont de pierre actuel qui enjambe la Drôme. Diligences, coches et charrettes peuvent enfin emprunter la Grande Route Royale (RN 7) sans se soucier des crues. Celles-ci avaient emporté plusieurs ponts et de nombreux convois qui empruntaient le passage à gué depuis 1521.
Un mot sur l’agriculture. Livron a été d’abord une commune essentiellement rurale. Son territoire comprend trois zones : au sud-est, un petit massif crétacé dominant la Drôme, à l’est des restes de terrasses alluviales constituant le « coteau », à l’ouest une vaste plaine s’étalant jusqu’au Rhône. Cette tripartition village-coteau-plaine a, durant des siècles, marqué la vie livronnaise. Du point de vue agricole, le coteau et la plaine n’offraient pas jadis les mêmes possibilités : les sols légers du premier ont été longtemps préférés aux terres lourdes de la seconde qui réclamaient un outillage et des attelages puissants. Il a fallu attendre le XVIIIe siècle avec l’essor démographique, l’utilisation de meilleures charrues et l’irrigation par canaux pour voir s’engager véritablement la mise en valeur de la vaste plaine livronnaise. Cette mise en valeur qui, d’abord, a accompagné l’essor démographique, l’a ensuite prolongé et modulé en se conjuguant à l’essor commercial, artisanal et industriel de Livron aux XIXe et XXe siècles.
Sources : Regard sur le passé Livronnais – Site web Mairie de Livron / Histoire de la vie des habitants de Livron : 450 ans de présence protestante : Jean Pierre Bernard, édition du Crestois 2012. Histoire du Département de la Drôme -Les Protestants- collection Histoire et Patrimoine Drômois de Jean Noël COURIOL . 2005

 

 

25ème partie : Allex – Vaunaveys la Rochette

Sur les Pas des Huguenots de Allex à Vaunaveys la Rochette
mise à jour 22 02 2016

picto randonneur sur le chemin camisard 13.1 Km – 5 heures – alt. départ : 154m, alt. arrivée : 269m, alt. mini : 154m, alt. maxi : 418m, ascen. cum. : 407m, descente. cum : 292m
Itinéraire du carrefour avec la D 125 à village de Vaunaveys la Rochette, via les bois de Eurre.

– attention modification en cours du tracé –

Au carrefour avec la D125 (Allex – Montoison) prendre le chemin des Astiers jusqu’à la ferme les Astiers. Continuer sur chemin de la Garenne jusqu’à la D 111 (Eurre – Valence). Traverser et prendre à droite le sentier longeant la lisière du bois puis descendre vers la ferme de Romezon. Utiliser la route de Romezon jusqu’à sa jonction avec la D 509 (Eurre – Upie). Prendre à droite, descendre puis remonter jusqu’au carrefour côté 213. Tourner à gauche (Davis Ouest) sur 250 m et utiliser le passage entre les deux habitations (chemin empierré avec de la brique rouge). Poursuivre sur la gauche du champ de pêchers longer la lisière du bois sur 300 m environ et tourner à gauche. Chemin empierré sur 300 m, puis à droite vers l’aire de stockage et utiliser plus loin en prenant à gauche le sentier vous amenant vers un espace dégagé puis une maison sur votre gauche, 50 m après prendre à droite le sentier interdit aux motos et quad qui monte vers le point côté 382. A ce carrefour de pistes, poursuivre la montée à gauche jusqu’au point géodésique 418. Continuer jusqu’au chemin nord servant de limite entre Upie et Eurre prendre à droite jusqu’à « La Trappe des Loups ». Descendre vers le TGV en empruntant le chemin encaissé vous amenant au chemin empierré longeant les voies du TGV. Franchir le pont sur le TGV vers la ferme des Ayasses et rejoindre le carrefour d’Eurre à Vaunaveys sur la D 538 (Crest – Chabeuil) en utilisant la D509 a. Traverser la D 538 et rejoindre le parking de la salle polyvalente au pied du village de Vaunaveys.

a voir en cévennes Points remarquables :
Au PK 5.5 , avant de pénétrer plein nord dans les bois un petit coup d’œil vers l’ouest, l’Ardèche où, par temps favorable, vous pouvez apercevoir le Mont Gerbier des Joncs.
En montant vers le point 382 vue sur le Mont Miéry et sa statue de la Vierge
Du sommet 418 du massif boisé de Lagat , une petite pause s’impose pour profiter du panorama vers le nord-est le Vercors avec « les monts du matin », vers le sud-est le massif de la forêt de Saou avec les Trois Becs, Rochecolombe, la Tour de Crest et au sud, surtout vers le bas, le village perché de Eurre avec son château du XIème siècle remanié Renaissance (privé, ne se visite pas). Au loin vers le sud- ouest, les vapeurs de la centrale nucléaire de Cruas.
Sur le village : un multiservices avec bar, tabac, journaux, épicerie, point poste (Tel : +33 44 75 25 35 05)

Remarques : Le chemin emprunté est dans une propriété privée et ne peux être utilisé. Il convient de poursuivre sur la route de Romézon jusqu’à Beauregard puis de redescendre par la D 509 route d’Upie.

La commune s’étend sur 1800 ha et se compose d’environ 1258 habitants dont une faible partie (17 exploitations env) vit de l’agriculture et de l’élevage et valorise ainsi la terre d’Eurre.
Eurre ne se sent pas la vocation d’un village dortoir, mais revendique son caractère de village campagnard où la diversité de ses habitants et de leurs activités en fait un village où il fait bon vivre et où les gens se sentent tout simplement…bien.
L’ensemble des collines boisées qui entourent le village, lui forme comme un écrin de verdure. Tournées vers le soleil, les maisons, étagées sur la motte, s’abritent sous l’imposante muraille que forment le château et ses remparts.

h histoire Horéa – Ur – Urri – Urro – Urre – Heurre – Eurre sont les appellations successives du village. Ce nom viendrait du latin « Horréum » magasin cellier ou de «  Urri »  qui veut dire « Terre brûlée »

Le site d’Eurre a été utilisé sous l’occupation Gallo-romaine comme base de ravitaillement. Les invasions successives, avec leurs dévastations, font que dés le 11ème siècle, un château fort en pierre est construit sur la motte, par le seigneur d’Urre. En 1266, François d’Urre donne une charte des libertés à ses sujets.
En 1347, la bataille d’Eurre met fin à la guerre dite « des épiscopaux » entre les comtes du Valentinois et les évêques de Die.
Revenant des guerres d’Italie, le « capitaine Mollans » Germain d’URRE fit subir en 1525 d’importantes modifications au château et la façade sud devint une belle et immense façade « Renaissance » avec de hautes croisées à meneaux. En 1533, François 1er, roi de France, vint à Eurre, rendre visite à son fidèle compagnon d’arme.

Pendant les guerres de religions, les Urre se retrouvent dans les deux camps. Mais la position un peu à l’écart des axes routiers et la notoriété des seigneurs font que le village et le château ne subirent que peu de dommages. Remarquez sur l’angle, à droite et en haut de la façade, les traces de coups de boulets.
En 1675 Eurre devient la possession des de Vesc jusqu’à la Révolution de 1789.
Le château, propriété privée, ne se visite pas…mais se laisse admirer.
Avec une population qui à presque doublée en 30 ans (643 h en 1975 – 1258 h en 2014) Eurre à conservé son caractère de commune agricole active.
Des initiatives nouvelles ont apporté au village un renouveau des activités culturelles (danse, musique, orchestre, métiers du spectacle).
Plusieurs artistes et artisans d’art ont choisi Eurre pour y vivre et y travailler.
La présence d’une épicerie-café-tabac-multi-services, il y a quelques années au cœur du village et maintenant près de la mairie et de l’école, est très importante.
La zone artisanale ne cesse d’accueillir de nouvelles entreprises avec l’infrastructure du bâtiment « écosite » et la réalisation du « jardin des artisans ». En partenariat avec la CCVD, une déchèterie à tri sélectif y a été implantée. Elle a accueilli aussi la base de vie lors des travaux du TGV.
La commune possède sur son territoire la partie principale, non endiguée, de la « Réserve naturelle des Ramières » où, le long de la Drôme, vivent une faune (castors) et une flore protégées. La loutre y a fait son apparition et deux loutrons viennent de naitre.
Son patrimoine, Eurre en est fier.
La réfection de son Temple par l’association des « Amis du Temple d’Eurre », la restauration de son école, de ses vieilles ruelles et placettes par les employés communaux, la réhabilitation de l’habitat dans la Grand’ rue, l’embellissement et le fleurissement des maisons par les habitants, la rénovation des murs de l’église par la commune, la réhabilitation du « Vieux cimetière » et bientôt la construction d’une école maternelle, tout concours à la sauvegarde du patrimoine et à l’ engagement vers le futur de Eurre village perché.

Journées du patrimoine Jean Michel LEROUX
Le Protestantisme Eurrois

L’histoire du protestantisme eurrois se dessine à travers les grands mouvements nationaux qui ont bouleversé, durant des siècles, la vie de tout à chacun. Grands seigneurs, figures illustres ou humbles citoyens attachés à sa terre et à sa foi, pasteurs renommés ou ministres inconnus.
La population de Eurre va suivre, à son niveau, l’évolution des esprits vers un partage de la foi religieuse. Ainsi une partie des habitants restera catholiques et l’autre se tournera vers La Réforme.
Les vaudois de Pierre VALDO, connaissent un grand succès dans le Dauphiné et une forte colonie s’implante à La Baume – Cornillane. Avec Guillaume FAREL la Réforme se manifeste autour du département dès 1520.
Les idées de LUTHER puis de CALVIN pénètrent dans la vallée du Rhône, le Diois et le Tricastin.
Dès 1546 le Parlement de Grenoble fait rechercher les suspects d’hérésie à Valence et à Die.
Dès la fin 1559 et le début 1560, les assemblées jusque là tenues secrètement la nuit deviennent publiques.
En septembre 1561 CALVIN se trouve en val de Drôme et dans le pays de Bourdeaux. Il passe la nuit au château de saint André au Poët – Célard et aurait rencontré des seigneurs huguenots.
Dès 1562 on compte plus de 25 églises réformées dans les principales villes et dans de nombreux villages. Eurre est l’un d’eux.
Un temple y fut érigé, attenant au rempart, rue Basse, au sud-ouest du village.

Les guerres de religion

Huit guerres de religion se succédèrent de 1562 à 1589.
Les cruautés du gouverneur La Motte Grondin amenèrent des seigneurs protestants à l’assassiner le 27 avril 1562. Ce qui déclencha la première guerre.
Comme ce fût une généralité partout dans le royaume, les places tenues par un parti furent aussitôt l’objet d’actions plus ou moins fortes pour leurs reprises. De nombreuses batailles eurent lieu dans notre région et dans notre vallée.
Eurre avait deux co-seigneuries :
l’une était tenue par Aimé d’Urre de Glane de Cugie, héritier de Giraud d’Urre de Cornillan seigneur d’Ourches. (Protestant)
l’autre par Louis d’Urre de Cornillan d’Oncieu. (catholique)

Alentour, les membres de la famille des Urre s’étaient scindés également chacun dans le parti de son choix.

Sur La Baume Cornillane, Thierry d’Urre dit Tartarin, son épouse Catherine de Cornillan et leur fils Charles d’Urre avaient optés pour l’église réformée

Jean d’Urre de Teyssères, sgr de Vercoiran, est du parti catholique.
Jean d’Urre de Brette, dans l’armée des catholiques ainsi que Rostaing d’Urre de Berlion, seigneur d’Ourches époux de Laurence de Simiane, fille du baron de Gordes, gouverneur du Dauphiné.

De 1562 à 1568 puis de 1570 à 1572, Arnaud CASAUBON né en 1523 à Montfort en Chalosse, diocèse de Dax, prêcha, non pas à Crest mais à Eurre, puisque l’exercice de la Religion Réformée n’était pas autorisé dans cette cité… De là vient qu’il porte quelquefois le qualificatif de pasteur d’Eurre
C’est à Rostaing d’Urre que Charles Dupuy Montbrun, victorieux de la bataille du pont de l’Oreille, le 13 juin 1575, chef des protestants, remis son épée quand il fut blessé et capturé à la bataille du Pont de Blacon le 4 juillet 1575.
Ce Rostaing d’Urre, colonel général de l’infanterie en Dauphiné, gouverneur de Montélimar, est mort, des suites de ses blessures reçues dans les durs combats livrés entre Livron et Romans, le 29 ou le 30 août 1577 à Montélimar ou il repose dans l’église Sainte Croix.

En 1573, à Allex, les troupes de la Religion Prétendue Réformée prennent la ville et mettent à mort le curé du lieu et cinq autres prêtres. Jean d’Urre, chargé de la place avec 120 hommes ne tarda pas, à son tour, d’y être assiégé par le Dauphin d’Auvergne, réfugiés dans la Tour Carrée, lui et ses hommes y furent massacrés le 12 juin 1574. Le début de l’année 1575 vit les protestants donner l’assaut au village d’Eurre qui se rend sans combattre, la population n’étant ni belliqueuse ni opposée. En fin d’année le village est repris par les catholiques. L’année suivante, en février 1576, Aimé d’Urre de Glane, chef des protestants, qui avait succédé à feu Charles Dupuy Montbrun, reprend à nouveau le village d’Eurre.

Eurre restera aux mains des protestant jusqu’en 1582, où il sera repris par les armées du roi.
Alors que Lesdiguières, commandant les forces des réformés, venait de faire une brillante campagne dans la vallée de l’Isère, Charles de Lorraine, duc de Mayenne, fit son entrée en Dauphiné à la tête de 9000 hommes de pied, 300 suisses, 2000 gendarmes, 1400 reîtres, 10 canons et une couleuvrine, avec mission de soumettre les huguenots.
De nombreuses places tombent aux mains de l’armée royale. Bernard de Nogaret, duc de la Valette, reprend Eurre aux protestants, ainsi que Allex, Mirabel et Vachères.
Pris sous le feu de l’artillerie royale installée sur le plateau voisin, le village d’Eurre, devant un tel déploiement de forces, se rendit pour ne pas subir le même sort qu’Allex et Mirabel. Au cour du siège qui dura cinq jours, on retrouve des sentinelles mortes de froid.

Devant les moyens conséquents de défense du village, le duc de La Valette ordonna le démantèlement des fortifications extérieures qui durèrent de 1584 à 1586.Les formidables remparts qui entouraient le village furent abattus, sauf aux endroits où s’appuyaient des maisons. On peut encore voir, face à l’école et le long du chemin de la fontaine des buis, quelques vestiges de ces énormes blocs, recouverts par la végétation.

Philibert d’Urre de Brotin, sgr de Petit-Paris, fait prisonnier par les huguenots le 19 août 1547 fut assassiné par eux en février 1588.
Louis d’Urre de Brotin, sgr de Venterol mourut au siège de Mornas, contre les calvinistes en 1568
En 1589, le catholique Claude de Clermont, seigneur de Montoison, est gouverneur de la ville de Crest. Le protestant Louis d’Urre de Puy Saint Martin est commandant de la Tour de Crest. Le Lieutenant Général pour le roi en Dauphiné, Alphonse d’Ornano entra dans Crest le 20 septembre, suivit le lendemain par Lesdiguières qui leurs confirmèrent la conservation des commandements respectifs. Le propre fils de Louis, Antoine Rostaing d’Urre, sgr de Marsanne, essaya de s’emparer, la nuit, de la ville et de la Tour. Lesdiguières et d’Ornano contraignirent Antoine Rostaing d’abandonner la place le 26 septembre.
Il est difficile d’imaginer le nombre de catholiques et de protestants Eurrois morts durant ces guerres de religion car l’état civil (BMS) de Eurre ne commence qu’en 1664 et rien dans les écrits n’en fait état.

L’Edit de Nantes et sa Révocation

Le salutaire Edit de Nantes du 12 avril 1598, octroyé aux protestants par Henri IV, après les guerres de religion et de la Ligue, autorisait l’exercice de la religion réformée dans tous les lieux où il était établi en 1596 et 1597. Il le permettait, en outre, dans un faubourg de ville par bailliage ou sénéchaussée et, à défaut de ville, dans un bourg ou village.
Le roi nomma dans chaque province du royaume deux commissaires, l’un catholique et l’autre protestant, dont la mission spéciale était de désigner les villes, faubourgs, bourgs et villages où les protestants avaient le droit d’exercer leur religion. Les premiers exécuteurs de l’Edit de Nantes en Dauphiné, furent Lesdiguières et Ennemond de Rabot qui désignèrent la ville de Crest comme un des lieux d’exercice de la religion réformé.
La période qui suivit l’Edit de Nantes ne fut pas moins riches en controverses religieuses ni en exactions diverses, brimades, persécutions.
En 1599, le jésuite Jean Coyssard, qui prêchait le carême à Crest, provoqua à un débat public Pierre de Vinay, pasteur de Livron. Jean Barnaud, visénéchal de Crest, et Dumas d’Urre furent choisis comme modérateurs de cette conférence.

Viennent ensuite des applications de plus en plus restrictives de l’Edit de Nantes. L’évêque de Valence, Daniel de Cosnac, interdit de prêcher dans les annexes des églises protestantes.
Les places fortes des protestants sont démantelées, de nombreux temples sont détruits.

En 1669, Ennemond Reynaud, pasteur de l’église, et Jean Allezard, son syndic, furent condamnés par le parlement « à dix livres d’amende chacun, sans note d’infamie, sur la requête d’Antoine Flandy, curé d’Eurre, qui se plaignait de ce que ledit ministre, contrairement aux édits, était allé faire la prière dans la maison d’un nommé Jacques Barbier, hors du lieux de son établissement, et qu’ayant assemblé dans cet endroit plusieurs personnes, il leur ait tenu des discours de monopole et de mépris ».
Eurre, d’abord annexe de Crest, fut adjointe à Aouste en 1671. Elle se constitua, plus tard, en église particulière.
Le 3 mars 1683, le parlement de Grenoble rend un arrêt portant que les temples qui ne se trouveraient pas à la distance de 50 toises des églises catholiques, seraient démolis et reconstruit ailleurs.
Le Conseil du roi, sur le rapport des commissaires, ordonna le 6 mars 1684 la suppression de l’église (réformée) et la démolition du temple qui se trouvait hors les murs, attenant au rempart, rue Basse, au sud-ouest du village de Eurre.
On trouve, parmi les protestants exclus de l’amnistie accordée par Louis XIV après l’insurrection de 1683, outre le pasteur Sagnol de Crest, l’avocat François Colombier de la Conche, Allezard, praticien d’Eurre, peut-être est-ce le même Jean Allezard, syndic de l’église réformée de Crest.

L’Edit de Fontainebleau de Louis XIV révoque l’édit de Nantes, le17 octobre 1685 et met fin à l’église réformé de Crest et par conséquent à celle d’Eurre. Daniel Cosnac est l’un des principaux instigateurs.
De nombreux huguenots s’exilent et fuit vers la Savoie, la Suisse, l’Allemagne l’Angleterre et même vers l’Amérique du Nord ou l’Afrique du Sud .
Certains pour conserver leurs fiefs ou simplement parce qu’ils sont attachés à leur terre, sont contraints d’adjurer leur religion. La majorité feint de se convertir au catholicisme et sont catalogués de «  nouveaux convertis ».
A Eurre, ils sont près de 250, selon l’état demandé par l’évêque de Valence Daniel de Cosnac en octobre 1685.
C’est la période du Désert avec ses assemblées furtives, ses dragonnades, et parfois une rébellion suivis très souvent par une incarcération à la Tour de Crest. Il n’y a pas trace d’Eurrois dans les différents écrits à ce sujet.
En 1702 éclate la guerre des Camisards, principalement dans les Cévennes, en réplique aux dragonnades exercés par le pouvoir royale. Denise DERONZIER, présidente fondatrice de l’association « Les Amis du Temple de Eurre » a un de ses ancêtres Charles CLAISSAC habitant Livron qui s’est exilé en 1702 vers Berlin. (Archives personnelles)
Dans « l’histoire des protestants du Dauphiné » de Eugène ARNAUD page 430 tome 3, donne un état un peu étriqué des protestants d’Eurre vers 1744 indique : BATARE, FAURE, SAYN, BELLIER, CHIRON.

Vers un renouveau

L’Edit de Versailles du 7 novembre 1787, dit Edit de Tolérance, redonne un état civil aux protestants.
La Constitution du 3 septembre 1791 garanti à tout homme la liberté d’exercer son culte religieux.
Sous La Terreur, les églises catholiques et les temples protestants furent fermés.
Loi du 18 germinal an X (8 avril 1802) Bonaparte fait adopter par le corps législatif la célèbre loi qui organisait les cultes protestants.
La nomination du Consistoire de Crest se déroula le 13 thermidor an X (1er août 1802). Jean Pierre SAYN et Jean CROZAT, notables de Eurre en font partie et JP SAYN est élu membre dudit Consistoire.
Jean Pierre SAYN était le premier maire élu de la commune d’Eurre en mars 1790.
Les 72 chefs de familles protestants de la commune d’Eurre, représentant environ 188 personnes, adressent une pétition en 1839 aux Officiers municipaux pour demander l’autorisation de construire un temple en limite du village.
1er décembre 1844, le Pasteur Louis François ARNAUD consacre le temple enfin construit.
Le 23 janvier 1853, nomination du premier Conseil Presbytéral de Crest dont FAURE Jean dit Cadet, délégué de Eurre, fait parti.
1893, FAURE Louis et CROZAT Louis, de l’église réformée de Eurre, font parti du Conseil Presbytéral de Crest.
14 décembre 1906, le temple d’Eurre restera la propriété du Consistoire de Crest, suite aux lois de séparation de l’église et de l’état.
21 mars 1989 création de l’association   « Les Amis du Temple d’Eurre »
Eurre ne possède plus, alors, que 24 familles protestantes.

LE CIMETIERE PROTESTANT
A partir de 1685, les protestants n’existent plus légalement.
Les enterrements se font, comme le reste, en cachette, à l’écart, en un lieu tenu secret par peur des représailles. La pratique d’inhumer dans sa propriété va se perpétuer encore longtemps malgré l’existence d’un cimetière.
En effet, lors de l’enquête réalisée pour la construction de la nouvelle école des garçons, il sera fait mention, dans la délibération du Conseil Municipal du 30 juillet 1882, de la proximité d’un cimetière particulier distant de 90 mètres de son futur emplacement.
Le Conseil rétorque qu’il n’y a eut que «  trois inhumations dans l’espace de 21 ans » et que le propriétaire FAURE Louis doit appliquer les prescriptions de la loi du 22 prairial de l’an XII.
Le 28 avril 1858, dans les registres des délibérations du Consistoire de Crest, le pasteur ARNAUD note au sujet du cimetière d’Eurre :
« Le président informe le consistoire qu’il s’est entretenu avec monsieur le maire d’Eurre pour convenir d’un acte public en faveur de la commune, la vente verbale que le sieur Pierre THIBAUD domicilié maintenant dans le territoire de Crest, avait faite aux protestants d’Eurre d’un terrain pour leur servir de cimetière. Les protestants ont payé le terrain et en jouissent depuis 25 ans, sans avoir de titres réguliers. L’acte public leur assurera à perpétuité le cimetière qui sera entretenu aux frais de la commune. »
D’après une copie conforme d’une délibération du 11 avril 1851, il apparaît que le sieur Pierre THIBAUD GRANGE à vendu vers 1828 aux protestants d’Eurre un terrain de 400 m² à l’usage de cimetière. Ce terrain est borné au levant et midi par une terre de Michel PIGEON, au couchant Imbert CLAIR et au nord par le cimetière catholique. Le prix a été de 40 francs et provient de souscriptions volontaires des protestants d’Eurre.
Après la loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise en 1905, il n’y eu plus de distinction entre les différentes religions et tout le monde fût enterré dans le même cimetière.
Tous les écrits, noms cités, actions sont tirés des archives du temple de Eurre, détenues et conservées par le Consistoire de Crest
Pour étayer les récits, il a été fait  référence aux publications suivantes:
BIBLIOGRAPHIE
Histoire des Protestants de Crest en Dauphiné pendant les trois derniers siècles, par Eugène ARNAUD, pasteur. 1893
Histoire des Protestants du Dauphiné aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècle. Par Eugène ARNAUD ; 1875-1876 ; Tome 1-2-3
Histoire du Département de la Drôme -Les Protestants- collection Histoire et Patrimoine Drômois de Jean Noël COURIOL. 2005
Petite histoire d’un village et de son château EURRE d’Amédée DELHOMME. Edition LEGRAIN. 1977
Le Temple d’Eurre
–     association « Les Amis du Temple d’Eurre  »
Plaquette dactylographiée. Jean Michel LEROUX. 1989

LES ECOLES

Minorité agissante, les protestants ont fait valoir leurs idées républicaines au cours du 19ème siècle. L’école laïque et obligatoire est un de leurs grands combats. Il est notoire que les protestants ont très largement contribué à l’instauration de l’école publique obligatoire.
En 1832, Jean-Pierre GRANON, âgé de 54 ans, instituteur à Crest depuis 1822 demande au Consistoire du Crestois l’autorisation de faire l’école à Eurre, aux enfants des protestants. Sur un état envoyé au préfet en 1834, il est noté qu’il instruit 25 garçons et qu’en même temps 10 filles le sont par madame GILBERT.
En 1860, mademoiselle LEYBRAÎ, native de Loriol, ouvre une école mixte dans le village. Son école accueille des enfants de 6 à 13 ans, garçons et filles.
Cette école perdure jusqu’en 1888 date à laquelle elle sera supprimée pour laisser la place à l’école communale laïque nouvellement construite.
Entre 1823 et 19010, il y aura à Eurre, trois écoles : une école de fille tenue par les Sœurs de Saint Joseph de Lyon, une école mixte protestante et l’école communale de garçons avec une classe pour les filles.

Les pasteurs officiant à Eurre ont été : de 1670 à 1671 : Isaac LANFREY, de 1672 0 1678 : Daniel LAUTIER, de 1683 à 1684 : Joseph SAURIN
Les récentes numérisations des archives départementales concernant l’état civil a permis de retrouver un registre pastoral d’Eurre, en ligne dans les archives des Hautes-Alpes sous l’état civil de la commune d’Eourres. Cela permet de retrouver des familles eurroises protestantes qui vivaient dans ces périodes troubles, ainsi que leurs pasteurs.
De 1669 à 1670 : REYNAUD, de 1671 à 1672 : FAISANT, de 1679 à 1682 : Pierre SIMOND

LA TRAPPE AUX LOUPS :Il existe encore de nos jours un emplacement qui porte toujours le nom de « trappe du loup »; cet endroit figue d’ailleurs sur la carte commune. Il est situé à un carrefour de plusieurs chemins qui se croisent, chacun d’eux allant vers des directions différentes, au milieu de massif boisé dit l’Agua. Une fosse étroite et profonde y avait été creusée par des jeunes gens puis recouverte de branchage pour en dissimuler l’existence aux regards des fauves qui y circulaient la nuit, bien au centre de ces voies de passages.
Un certain soir d’hiver, par un vent du nord assez vif, un musicien, son violon sous le bras au retour d’une fête de village – la Rochette, croit-on- rentrait chez lui après minuit, regagnant son domicile à Allex.
Le voilà donc marchant d’un bon pas, hanté autant par la présence de ces indésirables en ces lieux, que par le froid qui le gagnait. Arrivé au lieu dit, il se sentit disparaître au fond de la fosse qu’il n’avait pas remarquée.
N’arrivant pas à remonter en surface, il se décide à se retirer dans un angle pour essayer de dormir, pensant qu’au matin quelqu’un viendrait bien le délivrer de sa fâcheuse position quand, un moment après, un loup de passage se retrouva au fond de la fosse. Le musicien joua-t-il du violon ? Il n’en est pas fait mention; toujours est-il que, malgré leur crainte réciproque, le loup comme le musicien attendirent bien sagement le matin où les jeunes gens vinrent les libérer, chacun d’eux de manière différente.
Cette histoire bien connue a traversé les siècles sans altération; elle paraîtra maintenant désuète puisqu’il n’y a plus de loups. Cependant, le promeneur sceptique qui se rendra sur les lieux y retrouvera toujours ce carrefour aux nombreux chemins et, tout à côté, un grand trou dans le sol en forme d’entonnoir envahi par la végétation : c’est ce qui reste de la « fosse aux loups ».
Il pourra, si son imagination est fertile, reconstituer la scène qui vient d’être décrite et qui s’y était déroulée un soir d’hiver, il y a environ quatre cent ans.
Petite histoire d’un village et de son château EURRE d’Amédée DELHOMME. Edition LEGRAIN. 1977

 

26ème partie : Vaunaveys la Rochette – Beaufort sur Gervanne

Sur les pas des Huguenots carte 26 Vaunaveys la Rochette - Beaufort sur Gervannepicto randonneur sur le chemin camisard 17 Km – 5h45 – alt. départ : 270m, alt. arrivée : 371m, alt. mini : 271m, alt. maxi : 618m, ascen. cum. : 793m, descente. cum : 697m

 

 

 

 

 

27ème partie : Beaufort sur Gervanne – Sainte Croix en Diois

picto randonneur sur le chemin camisard GR9 / PR – 16 Km – 5h30 – alt. départ : 371m, alt. arrivée : 385m, alt. mini : 337m, alt. maxi : 897m, ascen. cum. : 904m, descente. cum : 887m

 

 

 

 

 

28ème partie : Sainte Croix en Diois – Die

picto randonneur sur le chemin camisard PR – 9,7 Km –  3 heures – alt. départ : 385m, alt. arrivée : 411m, alt. mini : 363m, alt. maxi : 457m, ascen. cum. : 191m, descente. cum : 149m

Fin de l’itinéraire Sur les Pas des Huguenots depuis les Cévennes qui rejoint ici le GR965 Sur les Pas des Huguenots démarré à Poët Laval

 

 

 

 

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Dernière mise à jour : 21 12 2015