Le Chemin Camisard : descriptif complet

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Le Chemin Camisard

Chemin camisard communes 2016 03

 

Le Chemin Camisard c’est

une randonnée en Cévennes (Gard et Lozère)
une boucle de 137 Km
de 7 à 10 jours de marche

 

Le Chemin Camisard c’est aussi

une évocation des événements liés aux conséquences de la révocation de l’Edit de Nantes, avec les nombreux départs de protestants du Languedoc vers les Pays du Refuge, Suisse, Allemagne, Hollande. Si l’émigration des Cévenols eux-mêmes, ou par les Cévennes, fut quantitativement limitée, il n’en demeure pas moins qu’elle eut un retentissement considérable, puisque c’est à cette occasion que se déclenchèrent en 1702, les révoltes qui devinrent ce qu’il faut bien appeler « la guerre des Cévennes », durant laquelle les camisards tinrent les armées royales en échec.
Pour comprendre ces événements et faire le lien entre chemins d’exil et le soulèvement camisard, nous proposons de retracer l’itinéraire suivi par les sept jeunes gens qui en juillet 1072 quittaient le haut de la Vallée Française, en Cévennes, pour gagner la Suisse, accompagnés par le guide Massip. C’est l’arrestation et l’emprisonnement de ce groupe et les actions menées pour sa libération au Pont de Montvert, – actions au cours desquelles fut tué l’abbé Du Chaila, – qui furent la cause directe de la guerre des Cévennes, dans le contexte d’exaspération alors connu du fait de la répression dont faisaient objet les protestants réformé.
La description de l’itinéraire est faite depuis le Musée du Désert.

 

Randonner avec un âne sur le Chemin Camisard

Le parcours peut aussi se faire avec un âne. Ce compagnon peut porter votre bagage bien sûr, mais aussi stimuler les enfants tout au long de la route par sa présence attachante et son rythme régulier. Enfin, les ânes facilitent le contact !
Tous les hébergeurs de l’Association Drailles et Chemins Camisards en Cévennes proposent enclos et nourriture pour votre compagnon à quatre pattes.

 

 

 

 

 

Descriptif du parcours principal du Chemin Camisard

Descriptif des variantes possibles

Hébergements partenaires sur le Chemin Camisard

Références historiques des lieux traversés

 

 

Le Chemin Camisard randonee cevennes deniveles

 

 

picto randonneur sur le chemin camisard : descriptif du parcours principal de l’étape     picto randonneur sur le chemin camisard variante : descriptif d’un parcours optionnel sur l’étape
a voir en cévennes : lieux à voir en particulier          h histoire : description de faits historiques sur l’étape

 

 

Saint-Jean du Gard – Saint-Etienne Vallée Française – St Germain de Calberte

Chemin Camisard Mialet St Jean du Gard Chemin Camisard St Etienne VF Chemin Camisard St Germain de Calberte

St Jean du Gard – St Etienne Vallée Française : 14Km – GR70
St Etienne Vallée Française – St Germain de Calberte : 14Km – GR 70

picto randonneur sur le chemin camisard Au départ de St Jean du Gard, suivre le GR70, sentier de Stevenson, jusqu’à St Germain de Calberte.

h histoire St Etienne Vallé Française : Les idées de la Réforme ont tôt pénétré cette commune, puisqu’en 1530 Hector-Raymond de Cadoine, seigneur de Saint-Etienne Vallée Française est banni par le parlement de Toulouse, ainsi que son épouse et ses biens confisqués, du fait qu’il adhère aux idées de la Réforme.
Louis Deshours, seigneur de Mandajors, subdélégué de Bâville, séjournait à Saint-Etienne. En 1686 François Vivent organise une assemblée au Mas Degoutal, qui réunit une grande foule. En 1701 seuls 120 Nouveaux Convertis (protestants redevenus catholiques) communient sur un effectif de 1.400, ce qui montre la limite de ces conversions forcées.
Les 2 et 3 janvier 1703, les camisards échouent dans leur tentative de s’emparer de la commune défendue par ses habitants et une compagnie de soldats. Le 8 février, les rebelles s’emparent de chevaux chargés de châtaignes qui allaient à Anduze et menacent tous ceux qui voudraient ainsi commercer. Le 11 février, Montrevel envoie 3 compagnies à Saint-Etienne. En mars 1703  assassinat par les camisards du jeune Cabiron, au prétexte que son père avait déclaré à la terrasse du château que leurs actions n’étaient pas celles des « enfants de Dieu » qu’ils prétendaient être, puis assassinat du jeune Daudé qui conduisait des bœufs à Sommières.
4 soldats maraudeurs qui s’étaient faits passés pour camisards pour tromper leur victime seront exécutés sur ordre de leur hiérarchie.
En août 1703, Julien reçoit la soumission de la commune qu’il taxe de 20.000 livres.

Le curé Mingaud, curé de Saint-Etienne de 1693 à 1747, ami de l’abbé du Chaila sut conserver de bonnes relations avec les protestants et ne fut jamais véritablement inquiété par eux. Il s’est notamment illustré en donnant des conseils aux protestants dont les maisons devaient être détruites, par ordre royal, leur suggérant de les démonter proprement eux-mêmes afin de pouvoir les reconstruire plus aisément une fois la paix revenue. C’est vraisemblablement grâce à lui également que furent épargnés certains grands mas de la commune lors du grand brûlement de 1703. A noter également qu’à Saint-Etienne, tout comme  à Saint-Martin de Lansuscle, Cassagnas, Vebron ou encore à Saint-Martin de Boubaux, des prêtres ont été sauvés par des protestants. En octobre 1704, rencontre à Marouls pour préparer la reddition des camisards.
Abraham Mazel se fera prendre près de Saint-Etienne le 06/01/1705 et Joani, qui avait trahi, dira combien l’arrestation de Mazel était importante.

Grottes : A Saint-Etienne Vallée Française (9 km de St Jean du Gard) : Existence de la grotte du Rocher des  chambres (Ronc de la Cambras), au-dessus de Solièges. On sait qu’en 1692 le comte de Broglie fit murer les grottes, cavernes et autres « beaumes » qui pouvaient servir de cache.

a voir en cévennes vestiges de la villa gallo-romaine de St Clément et menhir et dolmen de Claroudens.

h histoire Saint-Germain de Calberte était à majorité protestante dès le XVI° siècle. Du fait des dragonnades, la population de Saint-Germain de Calberte se convertit officiellement au catholicisme le 15/10/1685, mais quelques mois plus tard on y entendait de nouveaux les psaumes. En 1686 assemblées du Galta et du Clauzel, avec Vivent qui donne la Cène à Galta, au Gardon sous le Gibertin.
François de Giberne (du Gibertin) fut un des piliers de la lutte contre les camisards qui finirent par mettre feu aux châteaux du Gibertin et du Crémat en 1704.
Jean d’André fut arrêté le 01/07/1686 au Castandel, blessé, il meurt 2 jours après. Sa maison du Pont de Montvert et ses biens avaient été saisis depuis qu’il professait la religion réformée. Il vivait alors se cachant dans les bois.
Le séminaire fondé par Du Chaila en 1687 eut jusqu’à 90 pensionnaires. Il sera fermé en 1698.
Du Chaila avait été nommé inspecteur des chemins des Cévennes en 1693 par Bâville. A ce titre il était responsable d’une centaine de chemins de traverse, de 12 pieds de large. Il était très zélé dans l’exercice de ses missions, à un point tel que l’intendant Bâville s’en inquiétait, le trouvant « trop ardent ».
Du Chaila fit épouser sa nièce par Pierre André du Cros de Montmars en 1692 et lui lègue la maison… dont il avait dépouillé sa famille. Selon Marcel Pin, Du Chaila aurait eu la passion du jeu, la peur des femmes et une certaine fascination pour la torture. Selon A. Court : « Il n’est pas de moyens, quelques violents qu’ils paraissent, que cet abbé n’employa pas pour parvenir au but qu’on s’était proposé en le nommant chef des missions ; les prisonniers qui tombaient entre ses mains subissaient des traitements qui paraitraient incroyables, s’ils n’étaient attestés par tous les habitants de ces pays-là. »
Du Chaila sera inhumé le 16 juillet 1702, dans le caveau qu’il avait fait aménager en 1698 dans l’église de Saint-Germain de Calberte. Juste après la cérémonie les prêtres qui y participèrent s’enfuirent rapidement par peur des représailles de la part des attroupés. La mention du décès de l’abbé Du Chaila avait été omise dans le registre paroissial et fera l’objet d’une régularisation par l’abbé Vernet, curé de Saint-Germain entre 1716 et 1720.
Il y avait à St Germain une importante garnison, malgré cela la commune fut attaquée par les camisards le 31 décembre 1702.
Jacques Couderc du Mazel Rosade, dit La Fleur ou Fleurette, était connu pour sa cruauté. Selon Abraham Mazel la troupe de Jacques Couderc « fit plus de mal aux ennemis qu’aucune des autres à proportion. »
En 1727 se tint à Saint-Germain de Calberte le colloque de tous les anciens des églises protestantes de Lozère.

Grotte : grotte dite l’Oustaou des camisards, d’un accès périlleux, sur la montagne de Pradel, de dimension de 8 m x 4 m alors qu’on prétend que 250 à 300 personnes s’y réunissaient.

 

 

Saint Germain de Calberte – St Martin de Lansuscle – Plan de Fontmort – Barre des Cévennes

Chemin Camisard St Germain de Calberte Chemin Camisard Le Cauvel St André de Lancize ajout de cartes en cours…

 

picto randonneur sur le chemin camisard GR70 GR67

 

h histoire Pierre Calvet, seigneur de Fontanilles fut condamné pour hérésie et exécuté à Mende en 1557. De son château, situé en contre-bas du Cauvel, restent la chapelle et une partie de la tour qui servait de tour à signaux. On retrouve, face à la vallée le sol d’habitations jouxtant la chapelle.
Après la bataille de Témelac du 22.10.1702, Bâville fait arrêter entre autres quelques habitants de Saint-Martin de Lansuscle. Des interrogatoires il tire la conviction que les habitants des Hautes Cévennes soutiennent les Camisards et il menace alors toute personne ou commune qui leur viendrait en aide.
En 1702, les camisards mirent le feu à l’église et au presbytère de St Martin de Lansuscle, ainsi qu’à la maison du premier consul, Jacques Ausset, à La Rouvière et à la maison Bastide au hameau du Plan.

h histoire Le Plan de Fontmort a été le lieu de 3 batailles : le 28 juillet 1702, avec l’arrestation d’Esprit Séguier,  puis en aout 1703 et enfin celle du 13 mai 1704. Cette dernière fut importante avec la victoire de Rolland, appuyé par les troupes de Castanet et Joani qui y attaquèrent un convoi d’argent, transportant 25.000 écus, des réserves de poudre et de plomb, portés par 25 mulets et escortés par 770 soldats commandés par le lieutenant-colonel de Coberville et le subdélégué Viala de Saint-Jean du Gard. Selon Elie Marion les troupes royales perdirent là 300 hommes et leurs officiers furent massacrés. Selon plusieurs sources, le nombre des victimes de ce combat extrêmement violent aurait plutôt été de l’ordre d’une centaine d’hommes, ce qui reste considérable.
Le 15 aout 1887, dans un climat électoral assez tendu, puisqu’il aura fallu obtenir l’autorisation du Ministre de l’Intérieur, l’obélisque de Fontmort a été mis place par les protestants républicains, en présence de 28 pasteurs et une foule de 5.000 personnes, pour commémorer le centième anniversaire de l’Edit de Tolérance.
L’Edit de Tolérance a été une étape importante de ce long combat pour la liberté de conscience. Comme l’écrivait Jean-Pierre Chabrol : « La victoire des rebelles cévenols, la vraie, c’est la Révolution. La fameuse déclaration des droits de l’homme, qui reconnait enfin  la liberté de conscience, descend d’eux comme tant de rivières des sources de leurs sommets. » Ce combat reste encore et toujours à mener.

h histoire Saint Martin de Lansuscle : En mai 1703, 2 compagnies de fusiliers étaient présentes à Saint-Martin de Lansuscle et Saint-Etienne Vallée Française. Le recensement d’août 1703, ordonné par Bâville fait état, à Saint-Martin de Lansuscle,  de 42 hameaux, 497 habitants, 85 garçons et 86 filles.
Le 10/09/1703, les habitants de Saint-Martin de Lansuscle ont ordre de se regrouper à Barre des Cévennes, dans le cadre du dépeuplement, du grand brûlement  et de la destruction des 31 paroisses qui commencera le 18/09. Ce déplacement de population concernera au total pour les Cévennes, 13.212 habitants, 2.863 garçons et 2.440 filles.
Concernant le dépeuplement et  le grand-brûlement des Cévennes, le Ministre Chamillart écrit le 10 septembre 1703 : « Le Roy consent au dépeuplement des trente et unes paroisses. Que l’on mette les vieillards et les femmes dans les casernes de Béziers et de Mèze. Que les garçons en état de porter les armes soient envoyés dans les casernes de Montpellier, de Lunel et de Nîmes, dans les citadelles et forts, aussi bien que les mariés valides. A l’égard des filles et des femmes mariées, il faudra les enfermer dans les manufactures de la Grange-des-Près, de Lodève et de Carcassonne et dans la Cité de cette dernière ville, et pour ce qui est des enfants, l’intention de sa Majesté est qu’on les envoya dans les hôpitaux de Montpellier, de Toulouse et de Lyon. Si les femmes malades ou enceintes peuvent aller à l’hôpital de Montpellier, le Roy trouvera bon que vous les y envoyez, sinon à Mende où vous croyez qu’elles seront fort bien. Sa majesté ne croit pas qu’il convienne de brûler ni de démolir entièrement les maisons de ces gens-là, mais seulement qu’on en démolisse les toits, que l’on fasse tomber les planchers laissant les murailles en état et les matériaux sur le lieu parce qu’ils pourront être repris quelques jours, quand les mouvements des Cévennes seront passés, par ceux qui habiteraient ces lieux-là. Ainsi les fanatiques ne seront point en état de les venir occuper. Le Roi vous recommande de profiter de la belle saison pour exécuter ces enlèvements. »
On sait que du fait des conditions météorologiques, les opérations furent plus longues et plus difficiles que prévues.

Dans son mémoire sur l’état des Cévennes en 1705, Du Villars relate que « les personnes aisées sont avides de paix mais constate que la jeunesse reste avide de liberté et qu’il est donc nécessaire de continuer à intimider la population, notamment par des meurtres commis en secret, le renforcement des contrôles, l’interdiction de sortir la nuit sans laissez-passer. » Il promet des sommes d’argent aux délateurs, considérant que le peuple cévenol était le plus sensible du monde à l’appât du gain. Il propose d’envoyer des indicateurs et de faire enlever toutes les personnes suspectes des paroisses « les plus gâtées »  et de citer : Bassurels, Molezon, Sainte-Croix et Saint-Martin de Lansuscle.

a voir en cévennes le Château Saint-Pierre.
Fontmort et Saint-Martin de Lansuscle (8 km de St Germain de Calberte)
Le Cauvel et alentours : Château de Cauvel, des XIII° et XVIII° siècles,  Tour de Fontanille (XII° siècle), Menhir et dolmen de Claroudens, cupules, menhir de Fontmort, cupules du Ron de la Tourte (au-dessus du Tour, rocher à cupules entre St Clément et Nogardel (8 rondes et 8 ovales),  menhir, cupules et bassins de St Clément, cupules du mont Mars.

a voir en cévennes Le sentier d’interprétation mis en place avec le Parc national des Cévennes permet de découvrir la barre rocheuse surplombant le village ainsi que les rues, ruelles, places et fontaines. L’exposition sur l’agro-pastoralisme, liée à l’inscription des Causses et des Cévennes au patrimoine mondial de l’Unesco.

h histoire Barre était la capitale administrative des hautes Cévennes et ville de garnison de 1684 à 1761, située sur la ligne de partage des eaux, « entre Causses et Cévennes ».
Elie Marion, 1678 -1714, camisard et prophète. Lorsqu’Elie devint prophète en 1703, sa famille partit au désert où sa mère mourra en 1704. Elie Marion se réfugiera à Genève, en 1704, puis Lausanne. Il écrira en 1708 sa « Relation de la guerre des camisards.»

Il y avait 13 foires annuelles à Barre des Cévennes. Ces foires avaient un rôle économique important et étaient occasion de grands rassemblements, puisqu’on dit qu’elles rassemblaient jusqu’à 10 à 12.000 personnes.
Le 22 juillet 1702, lors de la  grande foire de la Madeleine, la population est en recherche de renseignements concernant les 7 jeunes gens de la vallée qui ont été arrêtés avec le guide Massip lors de leur tentative de rejoindre Genève, pays du Refuge. Malgré plusieurs interventions et des propositions financières, l’abbé Du Chaila refuse de les libérer. C’est à partir de ce refus que va s’organiser la Révolte : « Il y en a assez, il faut faire quelque chose ! » Esprit Séguier, Salomon Couderc, Abraham Mazel et Jean Rampon seront les premiers à se réunir (dans la maison Atgier, hameau du Bosc)) et à tenter de mobiliser en vue d’une action.
Le 28 juillet 1702 les attroupés tentent de prendre des armes au château de la Devèze dont les habitants se défendent. Jacques Couderc est tué. Les assaillants massacrent la famille. Le camisard Pierre Nouvel qui avait participé à l’expédition sera exécuté le 12 août suivant.

En mars 1703 Julien poursuit Castanet aux environs de Barre et du Pompidou. Il ordonne le stockage des vivres des alentours à Barre, les familles ne pouvant conserver de provisions que pour 15 jours, sous peine d’être considérées comme suspectes, malintentionnées ou collaboratrices des rebelles.
Le capitaine Doyer commandait la troupe de Barre que Julien voulait porter à 300 hommes.
Le 28 mai 1703, Julien taxe Barre (comme Florac) de 20.000 livres, Les Baumes de 4.000 et St Laurent de 8.000.
En juillet 1703, bien que la foire de la Madeleine attire moins, Le maréchal de Montrevel craint que Cavalier y vienne pour ravitailler ses quelques 1.200 hommes, ce pourquoi il envoie Julien et sa troupe. Montrevel s’installera à Barre en septembre 1703.
Le 19 octobre 1703, Julien est informé de la tenue d’une importante assemblée à proximité du Masbonnet. Il n’y trouvera que les habitants et quelques jeunes gens qui prétendent n’être venus que pour ramasser des châtaignes.
En mars 1704 le comte de Tournon fit entourer Barre de murailles qui reliaient les maisons les unes aux autres, bouchant les ouvertures et les portes de derrière.

 

 

Barre des Cévennes – Saint-Julien d’Arpaon – Mijavols – Le Pont de Montvert

Chemin Camisard Pont de Montvert ajout de cartes en cours…

GRP – GR70

a voir en cévennes au Bosc : la maison du chef camisard Atgier dans laquelle les conjurés se réunirent.

h histoire Paul de Vignols du château de Montvaillant, surplombant l’actuelle route nationale 106 à La Salle Prunet épouse en 1625 Claire de Tézier, fille du seigneur de Barre. De leurs 10 enfants, 8 gagneront le refuge huguenot, en Suisse et en Hollande.
Le 15/03/1702 les soldats de Miral assaillent une assemblée à Ventajols, capturent 5 personnes dont le prédicant Pierre Chantagrel, célèbre pour le fait de manipuler des charbons ardents ou marcher pieds nus dans le feu sans se brûler. Chantagrel se convertit et échappe ainsi à 3 ans de galères, mais restera 3 ans en prison.
Du Chaila dormira à la Cure de St Julien en revenant de la foire de Barre le 23/07/1702. Il confirmera son intention de faire exécuter Massip. Il exposera sa conviction que ceux qui meurent pour religion sont exemptés de purgatoire. Le lendemain, il exaltera le fait de mourir en martyr.
Mijavols était un lieu d’assemblée particulièrement surveillé. Le village fut incendié en représailles déjà en 1686 et 1692.
Le 20 octobre 1702 Abraham Mazel et les siens mettent le feu à l’église et au presbytère. L’état des lieux les plus dangereux de la paroisse de St Julien, dressé en 1703 indique l’Hermet et Mijavols comme lieux d’assemblées, Mijavols étant qualifié de « peste. » Julien taxe St Julien d’Arpaon de 6.000 livres en juin 1703. La commune fait partie de celles concernées par l’ordre de destruction de septembre 1703. Le 30 septembre, alors qu’il s’apprêtait à la faire détruire Montrevel apprend que la flotte anglo-hollandaise est en vue de Sète et il quitte aussitôt les Hautes Cévennes, renonçant ainsi à son projet de destruction.
Jean Roman sera trahi à Mijavols en juillet 1696 par deux hommes de Currières, qui recevront 10 écus chacun.
L’école publique du hameau des Chazes a servi de lieu de culte protestant de 1880 à 1970.
Après la Révocation de l’Edit de Nantes (1685), le culte protestant fut interdit. Les pasteurs ayant été chassés, les parents protestants ne pouvaient faire baptiser leurs enfants selon les rites réformés. Ils profitaient du passage d’un prédicant pour faire baptiser leurs enfants clandestinement. Ce baptême avait lieu la nuit, à la « pierre des baptêmes », en utilisant l’eau du bassin.
Château de Saint-Julien fut détruit en 1618 en représailles des violences dont faisaient preuve la famille de Gabriac.

Grottes : Grotte de la Beaume de Giral à La Salle Prunet, dans laquelle une assemblée aurait été surprise des personnes massacrées et emmurées. Napoléon Peyrat mentionne les arsenaux cachés dans les grottes de la vallée de la Mimente. R.L. Stevenson les évoque lors de son passage. Plus loin, on trouve à Cassagnas, la grotte des Aberlens, la grotte de Magistavol dans laquelle il y aurait eu 100 moutons, 20 bœufs, du blé une autre à Bougès, ainsi que le Rocher des fées, sous lequel les femmes protestantes allaient accoucher. A proximité, se trouve une pierre de baptême, dite la pierre d’Abraham.

A VOIR : découverte du village, écomusée du Parc national des Cévennes.

h histoire Pont de Montvert : Le 24 juillet 1702 se tient au lieudit les Trois Fayards, sur le Bougès, une assemblée clandestine pour préparer la libération des 7 jeunes gens et de leur guide. Y participent Abraham Mazel, Salomon Couderc, de Vieljouvès et son cousin Jacques,  de la Roche, Pierre Séguier, de Magistavol, Jean Rampon, du Pont de Montvert, et David Mazauric, de Mijavols. Ils sont rejoints par une cinquantaine de personnes. L’action à mener pour libérer les prisonniers s’impose à eux, du fait des sévices commis par l’abbé Du Chaila. Ils l’organisent et prévoient de chanter un psaume en arrivant au Pont de Montvert.
On dit que le Pont de Montvert aurait été fondé par les albigeois (cathares) remontant le Tarn pour échapper à l’Inquisition. On retrouve des vestiges de cette première implantation sous le rocher du Chastel. A début des années 1700, le Pont de Montvert était quasiment entièrement protestant et faisait limite entre les populations catholiques et les populations protestantes.
C’est au Pont de Montvert que l’abbé Du Chaila fit pendre la prophétesse Françoise Brès en janvier 1702. C’est là également qu’eut lieu l’exécution de Pierre Séguier en août de la même année.
La libération des prisonniers – juillet 1702
Ainsi que prévu, la troupe formée aux Trois Fayards entre dans la commune, tambour battant, et en chantant des psaumes, le n°168 selon A Mazel, le n°51 selon Louvreleul, après s’être séparées en petits groupes, qui  prennent ainsi le contrôle de la commune.
Abraham Mazel demande alors la libération des prisonniers. « Du Chaila prend la décision de faire relâcher les prisonniers en leur confiant même la clé de la porte d’entrée… les attroupés constatent alors que l’abbé n’entend pas libérer Jean Massip, toujours enfermé dans un cachot… ils pénètrent alors dans la maison et y mettent le feu. Du Chaila est blessé en tentant de s’enfuir par une fenêtre de second étage. Arrêté, il reçoit les coups mortels d’Esprit Séguier… « Ainsi finit la vie malheureuse de ce cruel persécuteur, qui fut le signal et le commencement de la guerre des Cévennes qui a tant fait de bruit dans le monde » dira plus tard Abraham Mazel. »
Après ces évènements, deux groupes se forment. L’un pour reprendre le chemin vers le Refuge, avec Massip et s’éloigner de la scène du meurtre de l’abbé, l’autre pour poursuivre l’action de lutte contre la répression. C’est ainsi qu’Esprit Séguier tue l’abbé Reversat, le curé de Frutgères. On retrouvera dans la poche de ce dernier une liste de 20 noms de personnes qu’il conseillait à l’abbé Du Chaila de faire arrêter.
Il est à noter qu’à ce même moment l’intendant Bâville essayait de minimiser les faits et écrivait le 13 août 1702 : « Les attroupements des Cévennes ont cessé ».
Robert-Louis Stevenson fera étape au Pont de Montvert le 29 septembre 1878 lors de son voyage à travers les Cévennes.

 

 

 

Pont de Montvert  – Saint Privat de Vallongue – Saint-André de Lancize – Mialet – St Jean du Gard

Chemin Camisard Pont de Montvert Chemin Camisard Vieljouvès Chemin Camisard de Vieljouvès à ValèsChemin Camisard Mialet St Jean du Gard ajout de cartes en cours…

 

picto randonneur sur le chemin camisard GR72, chemin du PNC et GR68/GR72, GR67, GR 61

 

h histoire Au hameau de Frutgères : selon Henri Bosc, le 25 juillet 1702 Abraham Mazel et Esprit Séguier quittent le Pont de Montvert aux premières heures du jour, en compagnie des attroupés de la nuit. Un groupe se dirige avec Frutgères, semble-t-il avec Abraham Mazel qui relate plusieurs évènements des actions qui y seront menées. En chemin son groupe croise un dénommé César qui va avertir le curé Reversat. La porte de la cure est forcée, le curé qui s’enfuit, blessé et sera achevé au bord de la rivière. Les insurgés trouvent sur lui une liste de 20 personnes qu’il conseillait à l’abbé du Chaila de faire arrêter. La cure sera incendiée après que des armes y ait été récupérées. L’église sera également mise à feu.
En mars 1703, pour interdire le ravitaillement des insurgés, l’officier Julien ordonne interdit aux habitants de Frutgères, comme à ceux du Pont de Montvert, de Grizac de Fraissinet de Lozère et de Vébron de conserver plus de quinze jours de vivres, et de porter le surplus à Florac
A noter que la paroisse de Frutgères était la paroisse locale, importante. Selon le recensement ordonné par l’intendant Bâville, – pour préparer le déplacement de la population en vue du grand brûlement des hautes Cévennes, en 1703 elle comptait 18 villages, 787 habitants, 160 garçons et 170 filles. Ce brûlement fut ordonné par ordonnance royale du 18 septembre et effectué sous les ordres de Julien le 29 septembre, rendu difficile par les intempéries.
Le 25 juillet 1702, après Frutgères le groupe conduit par Mazel se dirige vers St Maurice de Ventalon, trouve le presbytère vide et s’y restaure. Abraham Mazel précise qu’il n’avait pas « d’inspiration » concernant la destruction de la cure ni d’attenter à la vie du prieur Pradine. Les attroupés saisissent deux fusils.
Il est à noter que dans les années 1695 – 1697 se tenaient des assemblées clandestines autour de St Maurice de Ventalon, notamment à Moncuq et qu’en 1690 fut organisé le quartier général des consistoires à la Tour de Viala.

Au-dessus de Rabiès : Abraham Mazel eut sa vision le 23 juillet 1703 l’appelant à prendre les armes, après avoir entendu les témoignages selon lesquels l’abbé Du Chaila avait commandé le bourreau pour faire exécuter le guide Massip. Il eut une seconde vision à Vieljouvès l’appelant à constituer une petite troupe pour libérer les prisonniers : « L’esprit me saisit et m’ordonne, en l’agitant beaucoup, de prendre les armes sans aucun retardement et d’aller délivrer ceux de nos frères que les persécuteurs détenaient prisonnier au Pont », dit-il lors de sa Relation des évènements. Il s’était réfugié dans les environs de Vieljouvès en septembre 1702 et à partir de là menait des actions du type guérilla, notamment des incendies d’églises.
Salomon Couderc, l’un des tout premiers Camisards, est né à Vieljouvès en 1676. Sa famille était surnommée « les docteurs. » Elle compta plusieurs prédicateurs. C’est auprès d’elle que s’était réfugié Daniel Bas, prédicant et passeur lorsqu’il réussit à s’évader de la Tour de Constance, en 1694. Salomon Couderc partira en Suisse en 1704. Arrêté à Livron en 1706 lors de son retour, il sera jugé et exécuté à Montpellier. Ses frères, Jean, David et Antoine participèrent également aux actions des insurgés.

h histoire à Saint André de Lancize : Une  assemblée clandestine de 70 personnes fut surprise en 1695. Pierre Méjean essaya de cacher un recueil des psaumes de Clément Marot sous une muraille. Il sera condamné aux galères où il mourra 3 mois plus tard.
Une autre assemblée regroupant près de 300 personnes sera surprise en octobre 1686 au lieudit Le Plan des Fourches (Fourches = Potences, lieu d’exécution datant du Moyen-âge). Trois fuyards furent exécutés. Ce lieu, proche de Valès, servit également de point de ralliement pour les camisards.
Au village de Saint-André de Lancize, fin juillet 1702, les attroupés brûlèrent le mobilier de l’église. Ils étaient à la recherche du curé Boissonade qui se cachait. Ce dernier savait qu’il était menacé du fait qu’il avait  participé et même organisé des actions de répression contre les réformés. Réfugié dans le clocher, blessé, il tomba et fut achevé.
Le 12 août 1702, le camisard Moïse Bonnet est pendu devant l’église (qui sera reconvertie en temple en 1829).
Des personnes furent arrêtées lors d’une assemblée qui fut surprise en janvier 1703 à St André de Lancize. Le prédicant se tua en tentant de s’échapper.
St André fait partie de la liste des 31 paroisses devant être détruites en octobre 1703 et ses habitants avaient alors trois jours pour se regrouper à St Germain de Calberte. Un an plus tard, St André fait l’objet de mise en garde et d’une surveillance particulièrement renforcée pour savoir si quelques camisards et prédicants s’y trouvent encore.

h histoire à Mialet, Les Aigladines : Le premier synode réformé eut lieu à Paris le 24 mai 1559, avec élaboration de la confession de foi et de la discipline. Il fut suivi d’un synode régional à la grotte de la Baume des Aigladines en 1560. On peut encore voir actuellement le rocher en surplomb formant une cavité peu profonde.

a voir en cévennes le Musée du Désert. Au cœur d’un hameau cévenol et de ses ruelles typiques, dans la maison natale du chef camisard Rolland, par des pièces et des documents authentiques, le MUSÉE DU DÉSERT fait revivre le passé huguenot et l’Histoire des Camisards. En particulier, après une salle consacrée à la Réforme : La période du « Désert » (1685-1787) de la révocation de l’Edit de Nantes à l’Edit de Tolérance. La guerre des camisards, la répression et la résistance, la vie quotidienne dans la clandestinité, la longue marche vers la liberté de conscience jusqu’à la révolution.

a voir en cévennes près du Musée du Désert : les Grottes de Trabuc, à proximité La Bambouseraie.

a voir en cévennes à St Jean du Gard : Le Musée des Vallées Cévenoles installé à Maison Rouge, ainsi que le train à vapeur des Cévennes qui permet d’aller à la Bambouseraie et Anduze.

h histoire Mialet, près du Musée du Désert : Nombreuses assemblées en 1701, prophétisme en 1702, Pierre Laporte et Mas Soubeyran, Pierre Laporte, dit Rolland, est né le 03/01/1680 à Mialet, fils de Madeleine Gras et Jean Laporte, cardeur. Ancien soldat de la guerre de succession d’Espagne, il se met à la disposition des protestants. D’après Abraham Mazel, il avait reçu « le don de prédication et de prophétie. »
Le 10/12/1702, action de Laporte et Cavalier, destruction de l’église et incendie.
Le 21/01/1703, Laporte interdit aux habitants de Mialet de payer la dîme, réclame la liberté de conscience, sous peine de mettre le feu et faire couler le sang.
Le maréchal de Montrevel considérait que Mialet était le centre de l’insurrection camisarde (avec les nombreuses grottes), et voulait faire mourir 2 nouveaux convertis pour 1 catholique tué. Décision de déplacer la population en 1703. Julien vient faire les arrestations le 27 mars 1703 : 210 hommes, 280 femmes et 180 enfants qu’il fit conduire à Anduze.

Grottes : Grotte de Peyras (entre le Mas Soubeyran et Luziers : assemblée du 26/12/1688. Assemblée de La Beaumelle. Grotte du Fort ou des camisards, de 150 m de long, murée sur ordre de Bâville. Grotte de Trabuc, qui sert de refuge, de même que les grottes de Paussan, refuge, entrepôt, hôpital. Selon A. Court il y aurait eu là 10 bœufs salés, du vin, de la farine. Ces grottes furent réutilisées lors du coup d’Etat de 02/12/1851.

h histoire près de St Jean du Gard : Jeanne Castanet prophétesse de St Jean du Gard raconte les extases de Cabrit.
Abraham Mazel, tout à la fois l’un des premiers et le dernier camisard, est né à Falguières le 05/09/1677, fils de David Mazel et Jeanne Daudé, originaire du Villaret (Grizac). Il aura une première inspiration dans une assemblée près de St Jean. Sa maison natal est devenue « Maison Mazel, Maison vivante des résistances », portée par l’Association Abraham Mazel.

Le capitaine Poul avait basé son cantonnement à Saint-Jean du Gard. Selon Abraham Mazel, ce fut après la mort de Poul que l’on donna aux rebelles le nom de camisards. « Je ne sais, dit-il, si c’est parce que nous donnions souvent la camisade (attaque de nuit) qu’on nous donne cette épithète, ou parce que nous nous battions en chemise ou camisole. On nous appelait fanatiques à cause de nos inspirations. »
Les camisards ont été appelés : révoltés, scélérats, rebelles, fanatiques, mutins, attroupés, brigands, mécontents, malcontents, barbets (vaudois), houzards, osards…Le consul de Génolhac, Lafon, les nomme « chemisards. »

C’est dans la lettre du brigadier-général Julien, écrite à St Jean du Gard le 05/04/1703, qu’aparait officiellement pour la première fois le mot Camisard.

Grottes : Autour de St. Jean se trouvent des grottes qui font partie de l’histoire: a) la grotte Soubeyran (au-dessus de Banière), dans laquelle se cachèrent Jean Soubeyran, dit La Perruque et son épouse ; Jean Soubeyran qui était l’oncle maternel et père spirituel du prédicant Jean Mazel, mourra aux galères en 1696, b) la grotte Rouville entre Saint-Jean et Corbès, dans laquelle se serait tenue une assemblée de 900 personnes et qui aurait servi de cache, au-delà de l’accès aquatique. Bâville la fera murer. Vivent renoncera à s’y cacher.

h histoire à Mialet : Nombreuses assemblées en 1701, prophétisme en 1702, Pierre Laporte et Mas Soubeyran, Pierre Laporte, dit Rolland, est né le 03/01/1680 à Mialet, fils de Madeleine Gras et Jean Laporte, cardeur. Ancien soldat de la guerre de succession d’Espagne, il se met à la disposition des protestants. Le 10 décembre 1702, action de Laporte et Cavalier et destruction de l’église et incendie. Le 21 janvier 1703, Laporte interdit aux habitants de Mialet de payer la dîme, réclame la liberté de conscience, sous peine de mettre le feu et faire couler le sang.
Le maréchal de Montrevel considérait que Mialet était le centre de l’insurrection camisarde (avec les nombreuses grottes), et voulait faire mourir 2 nouveaux convertis pour 1 catholique tué. Décision de déplacer la population en 1703. Julien vient faire les arrestations le 27 mars 1703 : 210 hommes, 280 femmes et 180 enfants qu’il fit conduire à Anduze.