4 – St Etienne Vallée Française – Le Plan de Fontmort : le patrimoine

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a voir en cévennes vestiges de la villa gallo-romaine de St Clément et menhir et dolmen de Claroudens. Un sentier descend vers la gauche rejoindre le Gîte du Cauvel.

h histoire Saint-Germain de Calberte était à majorité protestante dès le XVI° siècle. Du fait des dragonnades, la population de Saint-Germain de Calberte se convertit officiellement au catholicisme le 15/10/1685, mais quelques mois plus tard on y entendait de nouveaux les psaumes. En 1686 assemblées du Galta et du Clauzel, avec Vivent qui donne la Cène à Galta, au Gardon sous le Gibertin.
François de Giberne (du Gibertin) fut un des piliers de la lutte contre les camisards qui finirent par mettre feu aux châteaux du Gibertin et du Crémat en 1704.
Jean d’André fut arrêté le 01/07/1686 au Castandel, blessé, il meurt 2 jours après. Sa maison du Pont de Montvert et ses biens avaient été saisis depuis qu’il professait la religion réformée. Il vivait alors se cachant dans les bois.
Le séminaire fondé par Du Chaila en 1687 eut jusqu’à 90 pensionnaires. Il sera fermé en 1698.
Du Chaila avait été nommé inspecteur des chemins des Cévennes en 1693 par Bâville. A ce titre il était responsable d’une centaine de chemins de traverse, de 12 pieds de large. Il était très zélé dans l’exercice de ses missions, à un point tel que l’intendant Bâville s’en inquiétait, le trouvant « trop ardent ».
Du Chaila fit épouser sa nièce par Pierre André du Cros de Montmars en 1692 et lui lègue la maison… dont il avait dépouillé sa famille. Selon Marcel Pin, Du Chaila aurait eu la passion du jeu, la peur des femmes et une certaine fascination pour la torture. Selon A. Court : « Il n’est pas de moyens, quelques violents qu’ils paraissent, que cet abbé n’employa pas pour parvenir au but qu’on s’était proposé en le nommant chef des missions ; les prisonniers qui tombaient entre ses mains subissaient des traitements qui paraitraient incroyables, s’ils n’étaient attestés par tous les habitants de ces pays-là. »
Du Chaila sera inhumé le 16 juillet 1702, dans le caveau qu’il avait fait aménager en 1698 dans l’église de Saint-Germain de Calberte. Juste après la cérémonie les prêtres qui y participèrent s’enfuirent rapidement par peur des représailles de la part des attroupés. La mention du décès de l’abbé Du Chaila avait été omise dans le registre paroissial et fera l’objet d’une régularisation par l’abbé Vernet, curé de Saint-Germain entre 1716 et 1720.
Il y avait à St Germain une importante garnison, malgré cela la commune fut attaquée par les camisards le 31 décembre 1702.
Jacques Couderc du Mazel Rosade, dit La Fleur ou Fleurette, était connu pour sa cruauté. Selon Abraham Mazel la troupe de Jacques Couderc « fit plus de mal aux ennemis qu’aucune des autres à proportion. »
En 1727 se tint à Saint-Germain de Calberte le colloque de tous les anciens des églises protestantes de Lozère.

Grotte : grotte dite l’Oustaou des camisards, d’un accès périlleux, sur la montagne de Pradel, de dimension de 8 m x 4 m alors qu’on prétend que 250 à 300 personnes s’y réunissaient.

Pierre Calvet, seigneur de Fontanilles fut condamné pour hérésie et exécuté à Mende en 1557. De son château, situé en contre-bas du Cauvel, restent la chapelle et une partie de la tour qui servait de tour à signaux. On retrouve, face à la vallée le sol d’habitations jouxtant la chapelle.
Après la bataille de Témelac du 22.10.1702, Bâville fait arrêter entre autres quelques habitants de Saint-Martin de Lansuscle. Des interrogatoires il tire la conviction que les habitants des Hautes Cévennes soutiennent les Camisards et il menace alors toute personne ou commune qui leur viendrait en aide.
En 1702, les camisards mirent le feu à l’église et au presbytère de St Martin de Lansuscle, ainsi qu’à la maison du premier consul, Jacques Ausset, à La Rouvière et à la maison Bastide au hameau du Plan.

Le Plan de Fontmort a été le lieu de 3 batailles : le 28 juillet 1702, avec l’arrestation d’Esprit Séguier,  puis en aout 1703 et enfin celle du 13 mai 1704. Cette dernière fut importante avec la victoire de Rolland, appuyé par les troupes de Castanet et Joani qui y attaquèrent un convoi d’argent, transportant 25.000 écus, des réserves de poudre et de plomb, portés par 25 mulets et escortés par 770 soldats commandés par le lieutenant-colonel de Coberville et le subdélégué Viala de Saint-Jean du Gard. Selon Elie Marion les troupes royales perdirent là 300 hommes et leurs officiers furent massacrés. Selon plusieurs sources, le nombre des victimes de ce combat extrêmement violent aurait plutôt été de l’ordre d’une centaine d’hommes, ce qui reste considérable.
Le 15 août 1887, dans un climat électoral assez tendu, puisqu’il aura fallu obtenir l’autorisation du Ministre de l’Intérieur, l’obélisque de Fontmort a été mis place par les protestants républicains, en présence de 28 pasteurs et une foule de 5.000 personnes, pour commémorer le centième anniversaire de l’Edit de Tolérance.
L’Edit de Tolérance a été une étape importante de ce long combat pour la liberté de conscience. Comme l’écrivait Jean-Pierre Chabrol : « La victoire des rebelles cévenols, la vraie, c’est la Révolution. La fameuse déclaration des droits de l’homme, qui reconnait enfin  la liberté de conscience, descend d’eux comme tant de rivières des sources de leurs sommets. » Ce combat reste encore et toujours à mener.

En mai 1703, 2 compagnies de fusiliers étaient présentes à Saint-Martin de Lansuscle et Saint-Etienne Vallée Française. Le recensement d’août 1703, ordonné par Bâville fait état, à Saint-Martin de Lansuscle,  de 42 hameaux, 497 habitants, 85 garçons et 86 filles.
Le 10/09/1703, les habitants de Saint-Martin de Lansuscle ont ordre de se regrouper à Barre des Cévennes, dans le cadre du dépeuplement, du grand brûlement  et de la destruction des 31 paroisses qui commencera le 18/09. Ce déplacement de population concernera au total pour les Cévennes, 13.212 habitants, 2.863 garçons et 2.440 filles.
Concernant le dépeuplement et  le grand-brûlement des Cévennes, le Ministre Chamillart écrit le 10 septembre 1703 : « Le Roy consent au dépeuplement des trente et unes paroisses. Que l’on mette les vieillards et les femmes dans les casernes de Béziers et de Mèze. Que les garçons en état de porter les armes soient envoyés dans les casernes de Montpellier, de Lunel et de Nîmes, dans les citadelles et forts, aussi bien que les mariés valides. A l’égard des filles et des femmes mariées, il faudra les enfermer dans les manufactures de la Grange-des-Près, de Lodève et de Carcassonne et dans la Cité de cette dernière ville, et pour ce qui est des enfants, l’intention de sa Majesté est qu’on les envoya dans les hôpitaux de Montpellier, de Toulouse et de Lyon. Si les femmes malades ou enceintes peuvent aller à l’hôpital de Montpellier, le Roy trouvera bon que vous les y envoyez, sinon à Mende où vous croyez qu’elles seront fort bien. Sa majesté ne croit pas qu’il convienne de brûler ni de démolir entièrement les maisons de ces gens-là, mais seulement qu’on en démolisse les toits, que l’on fasse tomber les planchers laissant les murailles en état et les matériaux sur le lieu parce qu’ils pourront être repris quelques jours, quand les mouvements des Cévennes seront passés, par ceux qui habiteraient ces lieux-là. Ainsi les fanatiques ne seront point en état de les venir occuper. Le Roi vous recommande de profiter de la belle saison pour exécuter ces enlèvements. »
On sait que du fait des conditions météorologiques, les opérations furent plus longues et plus difficiles que prévues.

Dans son mémoire sur l’état des Cévennes en 1705, Du Villars relate que « les personnes aisées sont avides de paix mais constate que la jeunesse reste avide de liberté et qu’il est donc nécessaire de continuer à intimider la population, notamment par des meurtres commis en secret, le renforcement des contrôles, l’interdiction de sortir la nuit sans laissez-passer. » Il promet des sommes d’argent aux délateurs, considérant que le peuple cévenol était le plus sensible du monde à l’appât du gain. Il propose d’envoyer des indicateurs et de faire enlever toutes les personnes suspectes des paroisses « les plus gâtées »  et de citer : Bassurels, Molezon, Sainte-Croix et Saint-Martin de Lansuscle.

a voir en cévennes le Château Saint-Pierre.
Fontmort et Saint-Martin de Lansuscle (8 km de St Germain de Calberte)
Le Cauvel et alentours : Château de Cauvel, des XIII° et XVIII° siècles,  Tour de Fontanille (XII° siècle), Menhir et dolmen de Claroudens, cupules, menhir de Fontmort, cupules du Ron de la Tourte (au-dessus du Tour, rocher à cupules entre St Clément et Nogardel (8 rondes et 8 ovales),  menhir, cupules et bassins de St Clément, cupules du mont Mars.