25 – Allex – Vaunaveys la Rochette : le patrimoine

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a voir en cévennes Points remarquables :
Au PK 5.5 , avant de pénétrer plein nord dans les bois un petit coup d’œil vers l’ouest, l’Ardèche où, par temps favorable, vous pouvez apercevoir le Mont Gerbier des Joncs.
En montant vers le point 382 vue sur le Mont Miéry et sa statue de la Vierge
Du sommet 418 du massif boisé de Lagat , une petite pause s’impose pour profiter du panorama vers le nord-est le Vercors avec « les monts du matin », vers le sud-est le massif de la forêt de Saou avec les Trois Becs, Rochecolombe, la Tour de Crest et au sud, surtout vers le bas, le village perché de Eurre avec son château du XIème siècle remanié Renaissance (privé, ne se visite pas). Au loin vers le sud- ouest, les vapeurs de la centrale nucléaire de Cruas.
Sur le village : un multiservices avec bar, tabac, journaux, épicerie, point poste (Tel : +33 44 75 25 35 05)

Remarques : Le chemin emprunté est dans une propriété privée et ne peux être utilisé. Il convient de poursuivre sur la route de Romézon jusqu’à Beauregard puis de redescendre par la D 509 route d’Upie.

La commune s’étend sur 1800 ha et se compose d’environ 1258 habitants dont une faible partie (17 exploitations env) vit de l’agriculture et de l’élevage et valorise ainsi la terre d’Eurre.
Eurre ne se sent pas la vocation d’un village dortoir, mais revendique son caractère de village campagnard où la diversité de ses habitants et de leurs activités en fait un village où il fait bon vivre et où les gens se sentent tout simplement…bien.
L’ensemble des collines boisées qui entourent le village, lui forme comme un écrin de verdure. Tournées vers le soleil, les maisons, étagées sur la motte, s’abritent sous l’imposante muraille que forment le château et ses remparts.

h histoire Horéa – Ur – Urri – Urro – Urre – Heurre – Eurre sont les appellations successives du village. Ce nom viendrait du latin « Horréum » magasin cellier ou de «  Urri »  qui veut dire « Terre brûlée »

Le site d’Eurre a été utilisé sous l’occupation Gallo-romaine comme base de ravitaillement. Les invasions successives, avec leurs dévastations, font que dés le 11ème siècle, un château fort en pierre est construit sur la motte, par le seigneur d’Urre. En 1266, François d’Urre donne une charte des libertés à ses sujets.
En 1347, la bataille d’Eurre met fin à la guerre dite « des épiscopaux » entre les comtes du Valentinois et les évêques de Die.
Revenant des guerres d’Italie, le « capitaine Mollans » Germain d’URRE fit subir en 1525 d’importantes modifications au château et la façade sud devint une belle et immense façade « Renaissance » avec de hautes croisées à meneaux. En 1533, François 1er, roi de France, vint à Eurre, rendre visite à son fidèle compagnon d’arme.

Pendant les guerres de religions, les Urre se retrouvent dans les deux camps. Mais la position un peu à l’écart des axes routiers et la notoriété des seigneurs font que le village et le château ne subirent que peu de dommages. Remarquez sur l’angle, à droite et en haut de la façade, les traces de coups de boulets.
En 1675 Eurre devient la possession des de Vesc jusqu’à la Révolution de 1789.
Le château, propriété privée, ne se visite pas…mais se laisse admirer.
Avec une population qui à presque doublée en 30 ans (643 h en 1975 – 1258 h en 2014) Eurre à conservé son caractère de commune agricole active.
Des initiatives nouvelles ont apporté au village un renouveau des activités culturelles (danse, musique, orchestre, métiers du spectacle).
Plusieurs artistes et artisans d’art ont choisi Eurre pour y vivre et y travailler.
La présence d’une épicerie-café-tabac-multi-services, il y a quelques années au cœur du village et maintenant près de la mairie et de l’école, est très importante.
La zone artisanale ne cesse d’accueillir de nouvelles entreprises avec l’infrastructure du bâtiment « écosite » et la réalisation du « jardin des artisans ». En partenariat avec la CCVD, une déchèterie à tri sélectif y a été implantée. Elle a accueilli aussi la base de vie lors des travaux du TGV.
La commune possède sur son territoire la partie principale, non endiguée, de la « Réserve naturelle des Ramières » où, le long de la Drôme, vivent une faune (castors) et une flore protégées. La loutre y a fait son apparition et deux loutrons viennent de naitre.
Son patrimoine, Eurre en est fier.
La réfection de son Temple par l’association des « Amis du Temple d’Eurre », la restauration de son école, de ses vieilles ruelles et placettes par les employés communaux, la réhabilitation de l’habitat dans la Grand’ rue, l’embellissement et le fleurissement des maisons par les habitants, la rénovation des murs de l’église par la commune, la réhabilitation du « Vieux cimetière » et bientôt la construction d’une école maternelle, tout concours à la sauvegarde du patrimoine et à l’ engagement vers le futur de Eurre village perché.

Journées du patrimoine Jean Michel LEROUX
Le Protestantisme Eurrois

L’histoire du protestantisme eurrois se dessine à travers les grands mouvements nationaux qui ont bouleversé, durant des siècles, la vie de tout à chacun. Grands seigneurs, figures illustres ou humbles citoyens attachés à sa terre et à sa foi, pasteurs renommés ou ministres inconnus.
La population de Eurre va suivre, à son niveau, l’évolution des esprits vers un partage de la foi religieuse. Ainsi une partie des habitants restera catholiques et l’autre se tournera vers La Réforme.
Les vaudois de Pierre VALDO, connaissent un grand succès dans le Dauphiné et une forte colonie s’implante à La Baume – Cornillane. Avec Guillaume FAREL la Réforme se manifeste autour du département dès 1520.
Les idées de LUTHER puis de CALVIN pénètrent dans la vallée du Rhône, le Diois et le Tricastin.
Dès 1546 le Parlement de Grenoble fait rechercher les suspects d’hérésie à Valence et à Die.
Dès la fin 1559 et le début 1560, les assemblées jusque là tenues secrètement la nuit deviennent publiques.
En septembre 1561 CALVIN se trouve en val de Drôme et dans le pays de Bourdeaux. Il passe la nuit au château de saint André au Poët – Célard et aurait rencontré des seigneurs huguenots.
Dès 1562 on compte plus de 25 églises réformées dans les principales villes et dans de nombreux villages. Eurre est l’un d’eux.
Un temple y fut érigé, attenant au rempart, rue Basse, au sud-ouest du village.

Les guerres de religion

Huit guerres de religion se succédèrent de 1562 à 1589.
Les cruautés du gouverneur La Motte Grondin amenèrent des seigneurs protestants à l’assassiner le 27 avril 1562. Ce qui déclencha la première guerre.
Comme ce fût une généralité partout dans le royaume, les places tenues par un parti furent aussitôt l’objet d’actions plus ou moins fortes pour leurs reprises. De nombreuses batailles eurent lieu dans notre région et dans notre vallée.
Eurre avait deux co-seigneuries :
l’une était tenue par Aimé d’Urre de Glane de Cugie, héritier de Giraud d’Urre de Cornillan seigneur d’Ourches. (Protestant)
l’autre par Louis d’Urre de Cornillan d’Oncieu. (catholique)

Alentour, les membres de la famille des Urre s’étaient scindés également chacun dans le parti de son choix.

Sur La Baume Cornillane, Thierry d’Urre dit Tartarin, son épouse Catherine de Cornillan et leur fils Charles d’Urre avaient optés pour l’église réformée

Jean d’Urre de Teyssères, sgr de Vercoiran, est du parti catholique.
Jean d’Urre de Brette, dans l’armée des catholiques ainsi que Rostaing d’Urre de Berlion, seigneur d’Ourches époux de Laurence de Simiane, fille du baron de Gordes, gouverneur du Dauphiné.

De 1562 à 1568 puis de 1570 à 1572, Arnaud CASAUBON né en 1523 à Montfort en Chalosse, diocèse de Dax, prêcha, non pas à Crest mais à Eurre, puisque l’exercice de la Religion Réformée n’était pas autorisé dans cette cité… De là vient qu’il porte quelquefois le qualificatif de pasteur d’Eurre
C’est à Rostaing d’Urre que Charles Dupuy Montbrun, victorieux de la bataille du pont de l’Oreille, le 13 juin 1575, chef des protestants, remis son épée quand il fut blessé et capturé à la bataille du Pont de Blacon le 4 juillet 1575.
Ce Rostaing d’Urre, colonel général de l’infanterie en Dauphiné, gouverneur de Montélimar, est mort, des suites de ses blessures reçues dans les durs combats livrés entre Livron et Romans, le 29 ou le 30 août 1577 à Montélimar ou il repose dans l’église Sainte Croix.

En 1573, à Allex, les troupes de la Religion Prétendue Réformée prennent la ville et mettent à mort le curé du lieu et cinq autres prêtres. Jean d’Urre, chargé de la place avec 120 hommes ne tarda pas, à son tour, d’y être assiégé par le Dauphin d’Auvergne, réfugiés dans la Tour Carrée, lui et ses hommes y furent massacrés le 12 juin 1574. Le début de l’année 1575 vit les protestants donner l’assaut au village d’Eurre qui se rend sans combattre, la population n’étant ni belliqueuse ni opposée. En fin d’année le village est repris par les catholiques. L’année suivante, en février 1576, Aimé d’Urre de Glane, chef des protestants, qui avait succédé à feu Charles Dupuy Montbrun, reprend à nouveau le village d’Eurre.

Eurre restera aux mains des protestant jusqu’en 1582, où il sera repris par les armées du roi.
Alors que Lesdiguières, commandant les forces des réformés, venait de faire une brillante campagne dans la vallée de l’Isère, Charles de Lorraine, duc de Mayenne, fit son entrée en Dauphiné à la tête de 9000 hommes de pied, 300 suisses, 2000 gendarmes, 1400 reîtres, 10 canons et une couleuvrine, avec mission de soumettre les huguenots.
De nombreuses places tombent aux mains de l’armée royale. Bernard de Nogaret, duc de la Valette, reprend Eurre aux protestants, ainsi que Allex, Mirabel et Vachères.
Pris sous le feu de l’artillerie royale installée sur le plateau voisin, le village d’Eurre, devant un tel déploiement de forces, se rendit pour ne pas subir le même sort qu’Allex et Mirabel. Au cour du siège qui dura cinq jours, on retrouve des sentinelles mortes de froid.

Devant les moyens conséquents de défense du village, le duc de La Valette ordonna le démantèlement des fortifications extérieures qui durèrent de 1584 à 1586.Les formidables remparts qui entouraient le village furent abattus, sauf aux endroits où s’appuyaient des maisons. On peut encore voir, face à l’école et le long du chemin de la fontaine des buis, quelques vestiges de ces énormes blocs, recouverts par la végétation.

Philibert d’Urre de Brotin, sgr de Petit-Paris, fait prisonnier par les huguenots le 19 août 1547 fut assassiné par eux en février 1588.
Louis d’Urre de Brotin, sgr de Venterol mourut au siège de Mornas, contre les calvinistes en 1568
En 1589, le catholique Claude de Clermont, seigneur de Montoison, est gouverneur de la ville de Crest. Le protestant Louis d’Urre de Puy Saint Martin est commandant de la Tour de Crest. Le Lieutenant Général pour le roi en Dauphiné, Alphonse d’Ornano entra dans Crest le 20 septembre, suivit le lendemain par Lesdiguières qui leurs confirmèrent la conservation des commandements respectifs. Le propre fils de Louis, Antoine Rostaing d’Urre, sgr de Marsanne, essaya de s’emparer, la nuit, de la ville et de la Tour. Lesdiguières et d’Ornano contraignirent Antoine Rostaing d’abandonner la place le 26 septembre.
Il est difficile d’imaginer le nombre de catholiques et de protestants Eurrois morts durant ces guerres de religion car l’état civil (BMS) de Eurre ne commence qu’en 1664 et rien dans les écrits n’en fait état.

L’Edit de Nantes et sa Révocation

Le salutaire Edit de Nantes du 12 avril 1598, octroyé aux protestants par Henri IV, après les guerres de religion et de la Ligue, autorisait l’exercice de la religion réformée dans tous les lieux où il était établi en 1596 et 1597. Il le permettait, en outre, dans un faubourg de ville par bailliage ou sénéchaussée et, à défaut de ville, dans un bourg ou village.
Le roi nomma dans chaque province du royaume deux commissaires, l’un catholique et l’autre protestant, dont la mission spéciale était de désigner les villes, faubourgs, bourgs et villages où les protestants avaient le droit d’exercer leur religion. Les premiers exécuteurs de l’Edit de Nantes en Dauphiné, furent Lesdiguières et Ennemond de Rabot qui désignèrent la ville de Crest comme un des lieux d’exercice de la religion réformé.
La période qui suivit l’Edit de Nantes ne fut pas moins riches en controverses religieuses ni en exactions diverses, brimades, persécutions.
En 1599, le jésuite Jean Coyssard, qui prêchait le carême à Crest, provoqua à un débat public Pierre de Vinay, pasteur de Livron. Jean Barnaud, visénéchal de Crest, et Dumas d’Urre furent choisis comme modérateurs de cette conférence.

Viennent ensuite des applications de plus en plus restrictives de l’Edit de Nantes. L’évêque de Valence, Daniel de Cosnac, interdit de prêcher dans les annexes des églises protestantes.
Les places fortes des protestants sont démantelées, de nombreux temples sont détruits.

En 1669, Ennemond Reynaud, pasteur de l’église, et Jean Allezard, son syndic, furent condamnés par le parlement « à dix livres d’amende chacun, sans note d’infamie, sur la requête d’Antoine Flandy, curé d’Eurre, qui se plaignait de ce que ledit ministre, contrairement aux édits, était allé faire la prière dans la maison d’un nommé Jacques Barbier, hors du lieux de son établissement, et qu’ayant assemblé dans cet endroit plusieurs personnes, il leur ait tenu des discours de monopole et de mépris ».
Eurre, d’abord annexe de Crest, fut adjointe à Aouste en 1671. Elle se constitua, plus tard, en église particulière.
Le 3 mars 1683, le parlement de Grenoble rend un arrêt portant que les temples qui ne se trouveraient pas à la distance de 50 toises des églises catholiques, seraient démolis et reconstruit ailleurs.
Le Conseil du roi, sur le rapport des commissaires, ordonna le 6 mars 1684 la suppression de l’église (réformée) et la démolition du temple qui se trouvait hors les murs, attenant au rempart, rue Basse, au sud-ouest du village de Eurre.
On trouve, parmi les protestants exclus de l’amnistie accordée par Louis XIV après l’insurrection de 1683, outre le pasteur Sagnol de Crest, l’avocat François Colombier de la Conche, Allezard, praticien d’Eurre, peut-être est-ce le même Jean Allezard, syndic de l’église réformée de Crest.

L’Edit de Fontainebleau de Louis XIV révoque l’édit de Nantes, le17 octobre 1685 et met fin à l’église réformé de Crest et par conséquent à celle d’Eurre. Daniel Cosnac est l’un des principaux instigateurs.
De nombreux huguenots s’exilent et fuit vers la Savoie, la Suisse, l’Allemagne l’Angleterre et même vers l’Amérique du Nord ou l’Afrique du Sud .
Certains pour conserver leurs fiefs ou simplement parce qu’ils sont attachés à leur terre, sont contraints d’adjurer leur religion. La majorité feint de se convertir au catholicisme et sont catalogués de «  nouveaux convertis ».
A Eurre, ils sont près de 250, selon l’état demandé par l’évêque de Valence Daniel de Cosnac en octobre 1685.
C’est la période du Désert avec ses assemblées furtives, ses dragonnades, et parfois une rébellion suivis très souvent par une incarcération à la Tour de Crest. Il n’y a pas trace d’Eurrois dans les différents écrits à ce sujet.
En 1702 éclate la guerre des Camisards, principalement dans les Cévennes, en réplique aux dragonnades exercés par le pouvoir royale. Denise DERONZIER, présidente fondatrice de l’association « Les Amis du Temple de Eurre » a un de ses ancêtres Charles CLAISSAC habitant Livron qui s’est exilé en 1702 vers Berlin. (Archives personnelles)
Dans « l’histoire des protestants du Dauphiné » de Eugène ARNAUD page 430 tome 3, donne un état un peu étriqué des protestants d’Eurre vers 1744 indique : BATARE, FAURE, SAYN, BELLIER, CHIRON.

Vers un renouveau

L’Edit de Versailles du 7 novembre 1787, dit Edit de Tolérance, redonne un état civil aux protestants.
La Constitution du 3 septembre 1791 garanti à tout homme la liberté d’exercer son culte religieux.
Sous La Terreur, les églises catholiques et les temples protestants furent fermés.
Loi du 18 germinal an X (8 avril 1802) Bonaparte fait adopter par le corps législatif la célèbre loi qui organisait les cultes protestants.
La nomination du Consistoire de Crest se déroula le 13 thermidor an X (1er août 1802). Jean Pierre SAYN et Jean CROZAT, notables de Eurre en font partie et JP SAYN est élu membre dudit Consistoire.
Jean Pierre SAYN était le premier maire élu de la commune d’Eurre en mars 1790.
Les 72 chefs de familles protestants de la commune d’Eurre, représentant environ 188 personnes, adressent une pétition en 1839 aux Officiers municipaux pour demander l’autorisation de construire un temple en limite du village.
1er décembre 1844, le Pasteur Louis François ARNAUD consacre le temple enfin construit.
Le 23 janvier 1853, nomination du premier Conseil Presbytéral de Crest dont FAURE Jean dit Cadet, délégué de Eurre, fait parti.
1893, FAURE Louis et CROZAT Louis, de l’église réformée de Eurre, font parti du Conseil Presbytéral de Crest.
14 décembre 1906, le temple d’Eurre restera la propriété du Consistoire de Crest, suite aux lois de séparation de l’église et de l’état.
21 mars 1989 création de l’association   « Les Amis du Temple d’Eurre »
Eurre ne possède plus, alors, que 24 familles protestantes.

LE CIMETIERE PROTESTANT
A partir de 1685, les protestants n’existent plus légalement.
Les enterrements se font, comme le reste, en cachette, à l’écart, en un lieu tenu secret par peur des représailles. La pratique d’inhumer dans sa propriété va se perpétuer encore longtemps malgré l’existence d’un cimetière.
En effet, lors de l’enquête réalisée pour la construction de la nouvelle école des garçons, il sera fait mention, dans la délibération du Conseil Municipal du 30 juillet 1882, de la proximité d’un cimetière particulier distant de 90 mètres de son futur emplacement.
Le Conseil rétorque qu’il n’y a eut que «  trois inhumations dans l’espace de 21 ans » et que le propriétaire FAURE Louis doit appliquer les prescriptions de la loi du 22 prairial de l’an XII.
Le 28 avril 1858, dans les registres des délibérations du Consistoire de Crest, le pasteur ARNAUD note au sujet du cimetière d’Eurre :
« Le président informe le consistoire qu’il s’est entretenu avec monsieur le maire d’Eurre pour convenir d’un acte public en faveur de la commune, la vente verbale que le sieur Pierre THIBAUD domicilié maintenant dans le territoire de Crest, avait faite aux protestants d’Eurre d’un terrain pour leur servir de cimetière. Les protestants ont payé le terrain et en jouissent depuis 25 ans, sans avoir de titres réguliers. L’acte public leur assurera à perpétuité le cimetière qui sera entretenu aux frais de la commune. »
D’après une copie conforme d’une délibération du 11 avril 1851, il apparaît que le sieur Pierre THIBAUD GRANGE à vendu vers 1828 aux protestants d’Eurre un terrain de 400 m² à l’usage de cimetière. Ce terrain est borné au levant et midi par une terre de Michel PIGEON, au couchant Imbert CLAIR et au nord par le cimetière catholique. Le prix a été de 40 francs et provient de souscriptions volontaires des protestants d’Eurre.
Après la loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise en 1905, il n’y eu plus de distinction entre les différentes religions et tout le monde fût enterré dans le même cimetière.
Tous les écrits, noms cités, actions sont tirés des archives du temple de Eurre, détenues et conservées par le Consistoire de Crest
Pour étayer les récits, il a été fait  référence aux publications suivantes:
BIBLIOGRAPHIE
Histoire des Protestants de Crest en Dauphiné pendant les trois derniers siècles, par Eugène ARNAUD, pasteur. 1893
Histoire des Protestants du Dauphiné aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècle. Par Eugène ARNAUD ; 1875-1876 ; Tome 1-2-3
Histoire du Département de la Drôme -Les Protestants- collection Histoire et Patrimoine Drômois de Jean Noël COURIOL. 2005
Petite histoire d’un village et de son château EURRE d’Amédée DELHOMME. Edition LEGRAIN. 1977
Le Temple d’Eurre
–     association « Les Amis du Temple d’Eurre  »
Plaquette dactylographiée. Jean Michel LEROUX. 1989

LES ECOLES

Minorité agissante, les protestants ont fait valoir leurs idées républicaines au cours du 19ème siècle. L’école laïque et obligatoire est un de leurs grands combats. Il est notoire que les protestants ont très largement contribué à l’instauration de l’école publique obligatoire.
En 1832, Jean-Pierre GRANON, âgé de 54 ans, instituteur à Crest depuis 1822 demande au Consistoire du Crestois l’autorisation de faire l’école à Eurre, aux enfants des protestants. Sur un état envoyé au préfet en 1834, il est noté qu’il instruit 25 garçons et qu’en même temps 10 filles le sont par madame GILBERT.
En 1860, mademoiselle LEYBRAÎ, native de Loriol, ouvre une école mixte dans le village. Son école accueille des enfants de 6 à 13 ans, garçons et filles.
Cette école perdure jusqu’en 1888 date à laquelle elle sera supprimée pour laisser la place à l’école communale laïque nouvellement construite.
Entre 1823 et 19010, il y aura à Eurre, trois écoles : une école de fille tenue par les Sœurs de Saint Joseph de Lyon, une école mixte protestante et l’école communale de garçons avec une classe pour les filles.

Les pasteurs officiant à Eurre ont été : de 1670 à 1671 : Isaac LANFREY, de 1672 0 1678 : Daniel LAUTIER, de 1683 à 1684 : Joseph SAURIN
Les récentes numérisations des archives départementales concernant l’état civil a permis de retrouver un registre pastoral d’Eurre, en ligne dans les archives des Hautes-Alpes sous l’état civil de la commune d’Eourres. Cela permet de retrouver des familles eurroises protestantes qui vivaient dans ces périodes troubles, ainsi que leurs pasteurs.
De 1669 à 1670 : REYNAUD, de 1671 à 1672 : FAISANT, de 1679 à 1682 : Pierre SIMOND

LA TRAPPE AUX LOUPS :Il existe encore de nos jours un emplacement qui porte toujours le nom de « trappe du loup »; cet endroit figue d’ailleurs sur la carte commune. Il est situé à un carrefour de plusieurs chemins qui se croisent, chacun d’eux allant vers des directions différentes, au milieu de massif boisé dit l’Agua. Une fosse étroite et profonde y avait été creusée par des jeunes gens puis recouverte de branchage pour en dissimuler l’existence aux regards des fauves qui y circulaient la nuit, bien au centre de ces voies de passages.
Un certain soir d’hiver, par un vent du nord assez vif, un musicien, son violon sous le bras au retour d’une fête de village – la Rochette, croit-on- rentrait chez lui après minuit, regagnant son domicile à Allex.
Le voilà donc marchant d’un bon pas, hanté autant par la présence de ces indésirables en ces lieux, que par le froid qui le gagnait. Arrivé au lieu dit, il se sentit disparaître au fond de la fosse qu’il n’avait pas remarquée.
N’arrivant pas à remonter en surface, il se décide à se retirer dans un angle pour essayer de dormir, pensant qu’au matin quelqu’un viendrait bien le délivrer de sa fâcheuse position quand, un moment après, un loup de passage se retrouva au fond de la fosse. Le musicien joua-t-il du violon ? Il n’en est pas fait mention; toujours est-il que, malgré leur crainte réciproque, le loup comme le musicien attendirent bien sagement le matin où les jeunes gens vinrent les libérer, chacun d’eux de manière différente.
Cette histoire bien connue a traversé les siècles sans altération; elle paraîtra maintenant désuète puisqu’il n’y a plus de loups. Cependant, le promeneur sceptique qui se rendra sur les lieux y retrouvera toujours ce carrefour aux nombreux chemins et, tout à côté, un grand trou dans le sol en forme d’entonnoir envahi par la végétation : c’est ce qui reste de la « fosse aux loups ».
Il pourra, si son imagination est fertile, reconstituer la scène qui vient d’être décrite et qui s’y était déroulée un soir d’hiver, il y a environ quatre cent ans.
Petite histoire d’un village et de son château EURRE d’Amédée DELHOMME. Edition LEGRAIN. 1977